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 La souffrance vue de l'enfant, famille alcoolique

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Baxter
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MessageSujet: La souffrance vue de l'enfant, famille alcoolique   Jeu 24 Aoû - 13:38

• Alcoolique : la souffrance quotidienne de l'enfant,
vue au Canada par Paulette Chayer Gelineau et Fabienne Moreau dans leur clientèle :

• La peur : peur quand l'alcoolique ne rentre pas le soir,
peur aussi quand il rentre : avec ses violences verbales et physiques;
• La honte : le respect a disparu de la famille,
chacun se croit coupable à force d’être accusé,
et chacun craint la honte pour la réputation du malade et de la famille ;
• L’échec est permanent, les espoirs de changement et l’élan de vivre sont déçus tous les jours,
• L’enfant vit privé de sécurité, privé d’affection, privé de sa spontanéité,
privé d’exprimer ses sentiments négatifs ou positifs,
privé souvent de saine alimentation et de sommeil tranquille.
• L’enfant est trop laissé à lui-même, parce que l’autre parent tolère, ou qu’il boit à son tour, ou qu’il est parti,
ou simplement qu’il est trop accaparé par son propre chagrin.

L’enfant n’a pas le droit d’être un enfant.

Les dégâts de la dissimulation imposée sont bien démasqués dans le livre de Paulette et Fabienne :
• À la maison, chacun minimise et excuse, disant : “C’est une façon pour lui de se détendre”
• On cache et on répare les dégâts matériels,
• On ne répond pas aux scènes de jalousie insensée et autres accusations injustes :
c’est la loi du silence.

• À l’extérieur, si on parle, c’est pour mentir, pour excuser l’absentéisme et autres manquements de l'alcoolique.
• L’enfant remarque qu’il est puni pour des riens quand l'alcoolique, lui, n’est jamais puni.
• "Ce qui est faux devient le réel."
• L’enfant doute alors de son jugement,

• L'enfant est blessé à l’intime :
- blessé dans son sens de la justice et du respect,
blessé dans sa vérité, son désir de comprendre, son estime de soi.
• Il se reproche sa lâcheté comme il souffre de la lâcheté de son autre parent;
• C’est l’empire du faux, comme celui dont Soljenitsyne a crié la violence.
Les Français en ont fait l'expérience durant l’invasion.

• S’il est croyant, il me semble que l’enfant est blessé dans sa prière, entachée de culpabilité abusive.
Dire merci à Dieu est-il évident pour qui se croit abandonné même de lui ?
La prière de demande a pu régresser en vaine demande de miracle.
L’enfant n’a aucune clé pour accompagner la prière d’aucun de ses deux parents, prière plus fréquente qu’on ne croit.

• Le sentiment d’être abandonné et pas aimé est terrible parce que l’enfant a moins peur de la mort que d’être abandonné.
Le risque d'abandon, parfois à la rue, se réalise si la mère alcoolo-dépendante, restée seule, est hospitalisée ou décède.
• Doutant de lui-même, l'enfant est menacé de dépression, dont le premier signe sera l’effondrement des notes à l’école.






• Alcoolique : l’incompréhensible pour l'enfant

Les clés manquent à l’enfant pour comprendre :

• Comprendre le cercle vicieux de l’alcool bu pour fuir les soucis,
soucis qui reviennent pires avec le manque ;
alcool rebu pour nier la réalité par de nouvelles réactions de fuite.

• Les problèmes s’aggravant, les proches en sont rendus responsables et ils sont menacés s’ils racontaient ce soit-disant mensonge insoutenable que le buveur boit.
Rappelons les raclées subies par Dave Pelzer et Tim Guénard, avec près de trois ans d’hôpital.

• Quant aux autres mensonges, puants, de l’alcoolique, il est interdit de les lui démentir sous peine de raclée dans un flot de vociférations.

• Aucune clé pour comprendre l’alternance continuelle de haine, d’attachement et d’indifférence : "Il est le meilleur des pères quand il ne boit pas."

• Aucune clé pour deviner la souffrance réelle de l’alcoolique lors du manque matinal :
c’est une angoisse de mort dont il ne parle jamais, tandis que chacun est décontenancé par ce qu’il se plaint de tout et de rien.

• Aucune clé pour comprendre qu’étant humilié par son impuissance face à la bouteille,
l'alcoolique surcompense en humiliant son entourage et en se gargarisant d’orgueil. Finalement, il ne lui reste plus aucune émotion positive, il lui reste la haine.

• Aucune clé enfin pour deviner sa terreur qu’intervienne un placement judiciaire de ses enfants, placement ressenti comme injuste, et qui aggraverait l’alcoolisation.

Dans son désarroi, l'enfant manifeste un caractère instable.
Il cherche sa voie, son rôle, par exemple :


• Héros familial, hypermature, voué à aider ;
• Enfant perdu, dépressif, qui se réfugie dans le rêve ;
• Bouc émissaire, révolté, agressif, prédélinquant ou délinquant
comme Tim Guénard
• Mascotte, qui essaye d'arranger les choses, faisant le clown au besoin.
Il se laisse parfois acheter par le buveur, à coup d'argent ou de permissions.
Décentré de lui-même, il risque de rester immature (Mac Donald 1986).

L'ivresse d'un enfant est dangereuse par l'hypoglycémie associée qui peut laisser comme séquelle une démence.

• Alcoolique : l’avenir éloigné de l'enfant

Exposé ou non à être initié précocement à l'alcool, l'enfant a un risque accru de devenir plus tard dépendant de l'alcool et des drogues.

Le jeune se méfiera de l’amour, comme Tim Guénard, il se méfiera des autres et de lui-même, jusqu’à la peur de réussir, la névrose d’échec.
Il pourra s'imaginer qu'il faut avoir mal pour être aimé, rejoignant un mythe romantique.
Cela l’exposerait à choisir des partenaires violents.

• Élevé dans une ambiance d’irrespect, il risque plus qu’un autre de devenir délinquant à son tour :
- fille souvent victime d’inceste qui va risquer la prostitution, les drogues, l’alcool, le suicide ;
- garçon qui a souffert par l’alcool et qui sera vulnérable à l’alcool.
Au maximum, il sera le tueur en série Patrice A…, dont les deux parents étaient alcooliques : la mère, idéalisée et adorée et le père haï, lui, comme violent et menteur.
Mais attention : il ne s’agit que d’une probabilité, nullement d’une fatalité.

• Alcoolique : de l'espoir pour l'enfant

• Au Canada, Paulette et Fabienne ont mis à jour “l’héritage positif” de certains de ces enfants.
Leurs épreuves en font des adultes courageux, tenaces, démerdards et pleins de sang-froid dans les situations difficiles.
Perfectionnistes, acharnés à comprendre, ils aident les autres à trouver des solutions et on leur confie des responsabilités.

Ces observations rares mais précieuses, comme les vies de Dave Pelzer et de Tim Guénard, devenu plus fort que la haine, témoignent de la capacité de "résilience" de l'enfant.

• Ajoutons que l’alcoolique peut se rétablir, ce qui le métamorphosera :
il manifestera alors souvent un besoin et une capacité d’affection qui feront les délices de ses proches.






• Alcoolique : intervenir en faveur de l'enfant ?

Quelle aide proposer ?
Suis-je capable d'intervenir ? Ai-je le droit de m'en mêler ? Comment ?

Capable d'intervenir ? Au professionnel de compléter sa formation initiale.
Au bénévole de se former : comme le répète le Dr.Philippe Michaud, généraliste et alcoologue, c’est l’affaire de la communauté dans son ensemble de devenir compétente.

Le droit de m’en mêler ? Il faut que l’enfant accepte de parler de sa souffrance. C’est au conjoint sobre, piloté par son “groupe d’entourage” et par le professionnel de la consultation d’addictologie, de cesser de camoufler le problème, d’amener l’enfant à s’exprimer et de rechercher ensemble ce qui serait le mieux pour lui.
Il passe alors la main au professionnel, addictologue ou pédo-psychiatre.
En cas d’échec, c’est un devoir de s’en mêler tant sont grands les risques pour les personnes (inceste compris) et pour le couple.
Comment intervenir ?
D'une cabine téléphonique, l'enfant seul ou accompagné peut appeler anonymement
"Jeunes violence écoute" au numéro gratuit 0800 20 22 23.
Cet appel ne sera inscrit sur aucune facture.

Beaucoup de professionnels de l’enfance sont au service d’administrations peu habituées à coopérer. Ils sont peu familiers de la souffrance de ces enfants.
À Gennevilliers, il a fallu quatre années au Dr. Philippe Michaud pour les y apprivoiser et les amener à coopérer avec des bénévoles formés. Il a rendu "la communauté dans son ensemble capable d'affronter cette réalité". Le recrutement est venu du CCAA (Centre de cure ambulatoire en alcoologie) et des infirmières scolaires. Il a fallu décider les parents à amener leurs enfants à des lieux d'écoute et de parole.
En région parisienne, contacter l'association Germinal, Tél 01 42 29 14 26,
Courriel : composer : associationgerminal et ajouter : @wanadoo.fr
Site : www.germinal-asso.com
D’autres initiatives émanent de bénévoles. À Fécamp et au Havre, un AA et un Al-Anon animent les groupes.

« J’ai l’impression que tu es en difficulté parce qu’il y a trop d’alcool dans la famille. »
Cette entrée en matière, que l’enfant attendait depuis longtemps, le soulage. L'enfants parle beaucoup, surtout jeune. Il aime et protège le malade.
En cas de blocage, on recourt à des contes ou au matériel des psychologues comme les masques, foulards, nounours.
On peut demander à l'enfant de faire un dessin représentant une famille où "quelqu'un boit trop". Le médecin du travail d'une entreprise métallurgique a montré l'effet saisissant de ces dessins sur le personnel :
Alcoolisme et médecin du travail

Il faut accepter l’agressivité, déculpabiliser, repérer les dépressions vraies, rassurer, expliquer la maladie, annoncer la beauté des rétablissements, rassurer devant les rechutes, ramener l'enfant aux plaisirs de son âge.
Les groupes Alateen sont très peu nombreux, peut-être parce que leur langage et leurs objectifs sont trop ceux des adultes.

La maltraitance est affaire de contact avec le médecin ou l’assistant de service social.

• Alcoolique : prévenir les souffrances des enfants

Il est des messages précis pour l’école et les familles.

• À l'école, au Danemark et en Angleterre; les jeux de rôles facilitent le dépistage des maltraitances.
L’entraînement des petits bouts de choux à faire face à leurs gros chagrins vise à prévenir les futures réactions de fuite vers l’alcool, les drogues ou le suicide.

• En famille, c’est dès le début du dérapage dans l’alcool que les proches peuvent jouer un rôle efficace. Voir la Page
Tabac, cannabis, autres drogues, alcoolisme, suicide : parler en famille

Le 9° mois de la grossesse est un moment clé, parce que c’est souvent le premier moment où une femme écoute des conseils depuis sa pré-adolescence.
C’est l'occasion de lui murmurer qu’elle ne serait pas ravie de voir son bébé estropié dans une voiture conduite en alcoolémie ; ou de voir le père du bébé licencié à cause de son alcool ; ou de voir son enfant grandir dans une famille dévastée par l’alcool et la drogue.
Plus tard, le conjoint devra admettre d’être hors de combat, voué à prendre ses distances et à passer la main à un micro-réseau.
Enfin, il arrive qu'un divorcé en charge d'enfant souhaite fonder un nouveau ménage avec une personne en difficulté avec l'alcool. Un rétablissement est possible, mais c'est loin d'être certain. Que l'intérêt de l'enfant ne soit pas oublié !

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"La valeur d'une personne se mesure toujours au bonheur qu'elle donnent aux autres."
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