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 Pédophilie et complexe d'Oedipe

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MessageSujet: Pédophilie et complexe d'Oedipe   Dim 6 Aoû - 17:00

Pédophilie et complexe d'Oedipe
par François Brooks

Nous cherchons à faire survivre l’amour romantique des débuts comme si la seule fonction de la fleur était de resplendir lorsqu’elle est à l’apogée de son épanouissement. Nous refusons les autres cycles. Mais quand l’enfant naît, quelque chose change et une question surgit : Comment doit-on aimer son enfant? Quelles sont les manifestations d’amour souhaitables et quelles sont celles dont les parents et les enfants doivent s’abstenir l’un envers l’autre et pourquoi?

Freud nous avait déjà assez bien expliqué la dynamique du développement psychosexuel chez l’enfant. En gros, le garçon, affublé dès la naissance du complexe d’Œdipe (et complexe de Jocaste pour les filles) tente de tuer son père pour prendre sa place dans le lit conjugal. Ce premier mariage mythique crée une dynamique émotionnelle dont la mère doit aider son garçon à sortir pour que celui-ci mature et « divorce » pour ensuite jeter son dévolu sur une partenaire de son âge. Pour le père et sa fille, une dynamique semblable s’opère bien que légèrement différente. Freud nous a fait croire que le premier partenaire dans la vie de chacun était son parent du sexe complémentaire. Il nous a convaincu que ceci était un processus normal que nous devons accepter de vivre sereinement. Notre société a adopté cette façon de voir en posant toutefois une limite interdisant formellement tout échange sexuel entre parents et enfants.

Du coup, les enfants sont devenus objets d’affection. S’ils avaient autrefois un rôle social et familial productif, comme remplir des petites tâches à leur mesure, après Freud, ils sont devenus des objets d’affection. Ils ont changé complètement de statut social ; si bien que toute personne bien pensante est convaincue que les enfants ne doivent pas travailler avant d’avoir obtenu le diplôme d’études éludant pourtant le fait que pour obtenir ce diplôme, ceux-ci doivent livrer un gigantesque travail soutenu durant des années sur les bancs d’école.

Quoique depuis peu, les enfants ne travaillent presque plus à l’école qui est devenue une sorte de garderie. Toutefois, on leur reconnaît quand même le droit au diplôme. (voir les récentes réformes en éducation au Québec). Mais quel est donc le rôle de l’enfant? Mettre un enfant au monde, oui, mais pourquoi faire?

Pour l’amour! Me direz-vous. Très bien. Quels sont-ils? Quel genre d’amour l’enfant peut-il générer? J’en vois trois possibles :

1. Il y a l’amour hédoniste, celui professé par Aristippe. C’est le premier type d’amour. Il vise essentiellement la satisfaction des sens. Il fascine l’œil par les belles formes qui attirent l’attention. Par ses caresses, il envoûte le corps qui exulte. Mais il apporte l’ennui lorsqu’il se retire et il fait souvent l’objet d’une forte réprobation sociale. Celui-ci s’apparente à la pédophilie et il ne pourrait être un motif souhaitable pour mettre des enfants au monde.

2. Il y a l’amour romantique, celui professé par Jean-Jacques Rousseau. Ce type d’amour crée les passions, enflamme l’âme, nous transporte au paradis. Mais, comme l’usage des drogues dures, il comporte un côté désastreux lorsqu’il se retire et peut nous projeter en enfer. Cupidon le représente bien : Un ange-bébé adorable prêt à blesser à tout moment par ses flèches. Celui-ci a actuellement la faveur sociale. Pourtant, au siècle de mon grand-père, il était dénoncé comme on dénonce aujourd’hui la pédophilie. On le fuyait comme on fuit aujourd’hui les drogues dures. Ce prix à payer vaut-il qu’on mette un enfant au monde?

3. Il y a l’amour stoïque, celui professé par Marc Aurèle. C’est celui qui vise l’éducation et l’instruction loin des bonheurs mielleux que les autres apportent. Il vise à ce que l’enfant devienne autonome et responsable. Son côté déplaisant apparaît dans l’ingratitude qu’il génère souvent. C’est dans ce type d’amour que mes années de collège ont baigné. C’est celui qui me semble le plus approprié mais le plus difficile à donner puisqu’il n’apporte rien en retour immédiatement. Rien d’autre que la satisfaction d’avoir accompli son devoir et l’assurance d’une certaine pérennité dans les valeurs transmises. Ce genre d’amour va à l’encontre des valeurs sociales actuelles et bien brave ou téméraire celui qui compte mettre des enfants au monde dans cette intention.

Vous me direz peut-être, comme le courant psychosocial actuel nous l’a inculqué, que ma question est mal posée : On ne met pas un enfant au monde pour soi-même. On met un enfant au monde pour lui-même, pour qu’il soit heureux. Les parents doivent tout faire en leur pouvoir pour favoriser l’éclosion de ce bonheur. Drôle de motif si tant est vrai qu’un enfant qui n’est pas né n’est sûrement pas malheureux.

En fait, l’enfant de nos jours n’a qu’un seul rôle[1], un seul devoir, une seule cause et une seule finalité : être heureux. Et puisqu’on pense que le bonheur est dans l’avoir et non dans le devoir, on lui donne tout sans rien exiger en retour. On lui donne le gîte, on le vêt, on le nourrit, on le lave, on le soigne, on l’instruit, on l’éduque, on le divertit, on le paye et on lui donne notre tendresse et une indulgence infinie. Je vois souvent dans ce comportement pleutre si répandu l’expression de parents coupables d’avoir condamné à mort leur enfant en le mettant au monde (ne meurt pas ce qui ne naît pas). Comment se faire pardonner? L’enfant-victime a tous les droits et le parent tous les devoirs. Pourtant, on s’étonne qu’à vingt ans il ne soit pas heureux et qu’il reste adolescent encore jusqu’à 30 ans.

Mais qu’en est-il de la pédophilie dans tout ça? Pas seulement les problèmes de touche-pipi qui sont des débordements interdits par la loi, mais celle que Freud a introduite dans les familles au début du siècle dernier. Cette affection débridée que les parents ont pour leurs enfants et qui en fait des rois capricieux. Qu’il soit du sexe complémentaire ou non – puisqu’aujourd’hui on a reconnu que l’homosexualité était une manière parfaitement normale de manifester son amour – qu’en est-il de cette pédophilie[2] qui comble si bien le conjoint-parent que celui-ci congédie l’amour du conjoint aussitôt que l’enfant est né puisqu’il n’a besoin d’aucune autre source d’affection pour se satisfaire? Bien sûr, les besoins sexuels refaisant toujours surface, de temps en temps, l’ex-mari ou l’ex-épouse se trouve un nouveau partenaire. Il faut bien que le corps exulte… Mais les enfants jaloux ont vite fait de mettre la pression pour que cet intru(e) s’en aille. Doit-on s’étonner que les enfants soient de plus en plus utilisés aussi comme partenaires sexuels du conjoint-Œdipe? Les histoires relatant qu’un père a vécu avec sa fille comme mari et femme se multiplient dans les Nouvelles et font les beaux jours de cette presse vorace de transgressions. Chez les femmes, les besoins sexuels d’une nature plus romantique se passent le plus souvent des séances de touche-pipi mais n’en partagent pas moins le lit maternel.

En ces années d’émancipation féministes, où ces dames crient « égalité », il semble qu’elles ne soient pas encore prêtes à partager cette prérogative. Mais est-ce souhaitable? Elles ont chassé le mâle et se satisfont de leur progéniture sans que l’on ne dénonce encore leur pédophilie comme on le fait pour l’homme. Mais n’était-ce pas un des rôles de l’homme dans le couple de veiller à ce que règne une certaine moralité?

Une journaliste freudiste — sans doute frustrée de l’affection de son père — demanda un jour au vieil homme pourquoi il n’aimait pas prendre ses enfants sur ses genoux et pourquoi il ne les avait jamais embrassé. «Pourquoi je les aurais embrassés, mes parents m’ont pas embrassés moi?» Ce vieillard sympathique vivait toujours avec son épouse présente à ses côtés. Cette affection « pédophile » ne lui était pas venue à l’esprit, ou du moins, il avait su s’en garder. Il était comblé par sa femme, il n’avait pas été éduqué comme ça… À l’époque, les parents travaillaient à construire l’avenir de leurs enfants. Un rôle social clair les attendait : ils devaient devenir mari et femme. Leur éducation visait la complémentarité : les femmes étaient formées aux tâches ménagères et les hommes à pratiquer un métier dans l’intention de fonder un foyer. De génération en génération, la famille avait un rôle social reconnu où les prérogatives de chacun étaient jalousement gardées. Aujourd’hui les enfants n’ont plus d’avenir. Ils vivent pour satisfaire le plaisir de la pulsion du moment présent. Les objectifs des parents se confondent maintenant avec ceux des enfants. On vit dans le moment présent pour satisfaire nos vagues besoins amoureux dans une morale questionnable et on rêve de la réussite future de notre progéniture même si celle-ci n’a plus rien à voir avec les moyens mis en action pour y parvenir.

Les rôles des conjoints ne sont plus complémentaires mais concurrentiels. Les deux doivent savoir tout faire si bien que dans la cuisine, je passe mon temps à me chicaner avec ma compagne sur la « bonne » manière de faire tel ou tel plat.

Les parents ne se font plus appeler papa ou maman mais plutôt Éric ou Nancy. On est devenu le conjoint de son enfant[4] qu’on aime, qu’on caresse, qu’on sert sans mesure. Et bien malheureux le parent qui s’est permis la transgression sexuelle parce qu’il s’expose tôt ou tard au chantage de son enfant et à la voracité journalistique. Alors, ce sera toute la société qu’il aura sur le dos même si l’enfant, nous explique Freud, a voulu et profité de cette situation pendant des années sans s’en plaindre.

Il y a pédophilie et pédophilie… Il y a agression sexuelle et caresse sexuelle. La société avide de scandale ne veut pas faire la différence. Et Freud nous a détourné d’une manière traditionnelle de voir l’éducation des enfants où on cherchait à les outiller pour en faire des êtres sains et responsables pour nous convaincre au romantisme qui fait de l’homme actuel un perpétuel nourrisson. Si bien que la relation amoureuse entre parent et enfant risque souvent de glisser dans des comportements questionnables.

Que nous réserve l’avenir? Le retour du balancier nous portera-t-il à redevenir plus stoïques et responsables? Apprendrons-nous aux enfants à venir que les valeurs traditionnelles doivent revenir? Ou bien devrons-nous plutôt apprendre à vivre avec encore davantage de liberté en acceptant de faire la nuance entre la véritable agression et la caresse sexuelle entre parents et enfants? Woody Allen n’en a pas moins marié sa fille adoptive. Le romantisme nous amènera-t-il à briser le tabou de l’inceste? Mis à part le problème génétique que la reproduction co-sanguine engendre, dans une optique où il n’y a pas de mal à se faire du bien, quel est le problème?

Si tu n’aimes pas tes enfants disait Robert Heinlein fais-leur la vie facile. Parce que la vie, c’est pas facile et l’éducation consiste à créer des difficultés progressives dans un cadre expérimental contrôlé et ayant pour objectif d’amener l’enfant à vaincre ses propres limites. Si je fais la vie difficile à mon enfant dans un cadre éducatif, je m’expose à sa haine du moment. Est-ce que mon amour est assez grand pour supporter cette haine? Ai-je traversé les obstacles que la vie m’a présentés avec suffisamment de succès pour en attribuer le mérite à mes éducateurs que je détestais à l’époque? Voilà bien cette autre forme d’amour stoïque que je préfère et qui est à mille lieux de Freud et sa pédophilie.

Mais peut-on blâmer un parent romantique qui n’a qu’un enfant captif à aimer et qui se sent coupable d’avoir mis cette souffrance au monde d’essayer de lui donner l’amour-tendresse en réparation?

La pédophile qui s’intéresse à la génitalité est le dérapage amoureux dénoncé le plus fréquemment chez les hommes. Chez la femme c’est l’amour romantique exacerbé qui en est l’équivalent. (Être élevé en dessous des jupons de sa mère, disait-on à l’époque.) Celui-ci ne fait pas moins de ravages mais on ne le dénonce plus. Pour le moment, notre société refuse encore de le voir comme tel, on a mis ce problème en veilleuse. (L’égalité des sexes à encore du chemin à faire.) Le premier est devenu un comportement plus fréquent depuis, nous dit-on, que l’on a accepté d’en parler. Mais la nouvelle donne qui consiste à avoir perdu de vue que l’enfant à un rôle social important à jouer autre que de subvenir à ses propres besoins narcissiques et à ceux de ses parents très souvent séparés n’a-t-il pas favorisé le comportement de partenaires qui sont tentés d’utiliser celui-ci comme substitut de l’amour du conjoint congédié? Ne sont-ils pas tout aussi néfastes l’un que l’autre pour l’enfant qui en est victime puisqu’ils le placent dans un rôle de conjoint trop tôt alors que celui-ci a d’abord besoin de modèles parentaux solides stables pour maturer vers un amour responsable?

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