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 La pédophilie dans le clergé

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MessageSujet: La pédophilie dans le clergé   Dim 6 Aoû - 16:56

La pédophilie dans le clergé
La crise de l'Église américaine ébranlera-t-elle le Vatican?

Jean-Claude Leclerc
Édition du lundi 25 mars 2002

Mots clés : États-Unis (pays), Vatican (pays), Religion, vatican, église, pédophilie

À première vue, la crise de pédophilie qui secoue le clergé catholique aux États-Unis n'a pas grand-chose à voir avec l'homosexualité, le mariage des prêtres ou l'ordination des femmes, trois sujets encore interdits de débat par Jean-Paul II. Mais la vague qui renverse l'Église américaine atteint désormais la digue érigée par Rome.



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Ainsi, dans un éditorial qui n'a certainement pas été publié à l'insu du cardinal de Boston, Bernard Law, The Pilot, le plus vieux journal catholique des États-Unis, écrit qu'il y a des "questions auxquelles il faut faire face". Cet archidiocèse, le quatrième en importance au pays, est un des plus ébranlés par le scandale.

"Même si nos malheurs actuels devaient soudain disparaître, écrit le journal, ces questions ont pris une grande urgence et ne vont pas s'éloigner tranquillement." Le propos n'est pas nouveau, mais des observateurs y voient une signification nouvelle. Law étant le primat de l'Église américaine, le message s'adresse forcément à l'épiscopat des États-Unis ainsi qu'au pape.

Cette problématique n'est pas une surprise. Déjà en 1993, l'Agence France-Presse écrivait :

"Les abus sexuels perpétrés par des prêtres, aux États-Unis, ont été portés sur la place publique après le dépôt de centaines de plaintes obligeant l'Église catholique à réagir contre ce scandale qui menace aussi bien ses finances que la ferveur des fidèles.

"Les chiffres sont éloquents : quelque 500 prêtres ont été poursuivis pour pédophilie ces dernières années, près de 500 millions ont été versés par l'Église américaine en indemnités et frais de justice, et le nombre de victimes pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers."



Plusieurs s'étaient indignés que la hiérarchie se soit souvent contentée de "déplacer" ces prêtres ou de les envoyer en thérapie, au Nouveau-Mexique. Maintenant, le scandale touche l'institution épiscopale. On reproche aux évêques d'avoir caché les faits portés à leur connaissance, d'avoir acheté le silence des victimes et pratiqué un secret propre à multiplier les tragédies.




Pire encore, prétend-on, cette pratique n'aurait pas été isolée mais concertée. Me Jeffrey Anderson, un avocat des victimes, n'est pas le premier à invoquer contre une église la loi sur le crime organisé. (Racketeering Influenced and Corrupt Organizations Act, dite loi RICO). Mais cette fois, l'intervention du juriste reçoit une grande visibilité.



On ne manquera pas de témoins, à relire les propos déjà publiés d'ecclésiastiques outrés de la politique de l'Église. L'agence Reuter citait, en 1993, John Salazar, neuropsychologue qui a travaillé de 1963 à 1968 au centre de thérapie : "Il y a une conspiration du silence pour ne pas reconnaître la pédophilie dans l'Église", disait-il. "Cette politique est constante depuis un temps immémorial."

Un autre, Andrew Greeley, déplorait aussi une attitude répandue parmi les membres du clergé. "Ils ne veulent pas admettre le problème. Ils se préoccupent de leur propre protection et de leur vie privée, sans se soucier des victimes." Dans la revue jésuite America, Greeley écrit alors que de 2000 à 4000 des 43 000 clergymen pourraient avoir agressé des enfants ou des mineurs, les victimes en paroisses dépassant peut-être 100 000.

Depuis, les révélations se sont multipliées, et le contexte a changé. Parmi les États américains, certains répugnaient à lever le caractère privé qui préserve les confessions et le counseling spirituel. Mais quelques-uns ont inscrit le clergé sur la liste des professions tenues, comme la santé ou l'enseignement, à rapporter les abus. C'est le cas à New York, au Wisconsin et au New Hampshire.

Des raisons

Pourtant, tellement de cas ont été soumis aux tribunaux que les autorités policières ne sauraient plaider ignorance. Pourquoi n'a-t-on pas fait davantage enquête ? Fort probablement, l'institution paraissait intouchable, échappant aux lois ordinaires, et gérant selon ses règles ce genre de problème.

De plus, la crainte de discréditer une institution, sinon de saper la foi, a pu contribuer à l'inaction générale. Quelles que soient les raisons, la responsabilité principale du désastre incombe aux autorités religieuses. L'épiscopat américain n'avait-t-il pas, en 1992, publié une déclaration demandant à ses membres de livrer les auteurs d'abus aux autorités civiles et "d'étendre leur soin pastoral aux victimes et à leurs familles" ?

Quand le diocèse de Santa Fe, héritant de plusieurs prêtres non "guéris", vint près de déclarer faillite, les firmes d'assurance refusèrent de verser les indemnités. Elles soutinrent que l'archidiocèse connaissait ces abus et les avait, par son silence, permis.

À la même époque, l'Église presbytérienne des États-Unis connaissait, elle aussi, de tels problèmes. Elle a écarté sa règle voulant qu'on doive rapporter les abus dans les trois ans (auparavant, après ce délai, on fermait le dossier). Elle a institué des comités pour étudier les cas, les signaler au besoin aux autorités civiles et venir en aide aux victimes.

Les presbytériens déclaraient faire face à une situation "terrible par ses proportions et par ses implications". À la grandeur du pays, estimait-on, de 10 à 23 % du clergé se serait laissé aller, dans ses rapports professionnels, à des pratiques inacceptables.

Tous les cas n'en étaient pas de pédophilie. Au vu des situations mises au jour dans d'autres confessions, le célibat catholique n'était probablement pas non plus le principal facteur en cause. Certains abus portent aussi sur de jeunes adultes. Bref, divers types de rapports sexuels répréhensibles peuvent survenir là comme en d'autres milieux, ecclésiastiques ou pas.

Mais plus d'un analyste estiment que l'Église catholique romaine souffre d'une "dysfonction sexuelle" qui lui est particulière. Le célibat qu'elle impose au clergé attire, surtout avec la "baisse des vocations", trop de pédophiles, de types à la sexualité confuse ou d'homosexuels cherchant une contrainte à leur orientation, sans oublier les difficultés liées à la chasteté obligatoire.

De plus, la sacralisation du sacerdoce fait du prêtre un personnage intouchable. Pareil statut rend plus difficile pour la victime "l'aveu" d'une faiblesse qu'elle peut, des années durant, imputer à elle-même. Certes, la plupart des prêtres ont une conduite digne d'éloges, comme en témoignent les laïcs travaillant de près avec eux. Ils n'ont cependant pu changer l'institution.

Enfin, une grande confusion règne à Rome en matière de moralité sexuelle. D'où l'importance de la crise aux États-Unis. La tempête qui s'y élève va-t-elle inciter le Vatican à ouvrir le sacerdoce à des gens valables, qu'on écarte à tort, et à le fermer à d'autres auxquels la prêtrise ne saurait être ouverte ?

Au Canada, dans De la souffrance à l'espoir, les évêques catholiques ont reconnu, dès 1992, non seulement que le "voile du secret" avait contribué aux abus, mais qu'il fallait en finir avec le silence. Peut-être auront-ils à faire un pas de plus. Leurs collègues des États-Unis, sommés chez eux d'agir en pleine lumière, ont certes plus de poids aussi au Vatican. Les évêques américains auront néanmoins besoin de l'appui d'autres épiscopats, si ces déchirantes "questions" doivent enfin trouver une réponse.

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.

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