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 La sexualité des ados: totalement débridée?

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MessageSujet: La sexualité des ados: totalement débridée?   Jeu 13 Mar - 14:22

La sexualité des ados: totalement débridée?

De plus en plus d'adultes paniquent devant l'exposition de leurs ados à la porno. Fausse inquiétude ou réalité préoccupante?


par Pascale Navarro (ellequebec.com)


Isabelle a 12 ans. Elle dit avoir déjà fait l'amour, même si elle confie n'avoir jamais embrassé un garçon. Comme d'autres filles de son âge, Isabelle aura fait des fellations avant de connaître le baiser. Vous êtes étonnée? Dites-vous que vous n'êtes pas la seule. Au cours des dernières annése, de nombreux sexologues, psychologues et parents ont été pris de panique, comme en témoignent différents reportages sur le sujet, notamment deux épisodes du magazine Enjeux (diffusé à Radio-Canada), intitulés Adoporno. Com et Adoporno.com: SOS solutions. Bien des adultes ont été bouleversés d'y découvrir la sexualité débridée de certains jeunes.


Au banc des accusés: Internet. Dans le grand méchant Web, rien n'est plus facile que de visionner de la pornographie (nous l'avons bel et bien constaté lors de la préparation de cet article), de la plus soft à la plus violente, et ce, gratuitement. Mais les ados sont-ils aussi influençables qu'on le croit? Leur sexualité est-elle aussi hard qu'on le laisse entendre?
Interrogée sur la pornographie et son influence, Camille, 15 ans, répond sans hésitation: «De la porno? J'en ai déjà vu, bien sûr, mais ça me fait rire! Je trouve ça niaiseux. Avec mes amis, on se dit que ça ne sert à rien. C'est fake, c'est pas une vraie relation. Les garçons que je connais ont des blondes et n'ont pas besoin de pornographie, ils préfèrent vivre leur vie avec elles.» Quant à sa propre sexualité, elle affirme la vivre sans pression. «J'ai attendu d'être prête pour ma première relation sexuelle, et je l'ai eue par désir. Je n'ai pas ressenti de pression cette fois-là, pas plus que dans mes relations en général, d'ailleurs.»

De l'avis de plusieurs spécialistes, bien des jeunes ressembleraient à Camille. Des ados qui se posent beaucoup de questions, qui parlent énormément de sexualité - y compris dans sa version la plus hard-, mais qui, pour la plupart, ont des pratiques plus traditionnelles qu'on ne le pense.

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MessageSujet: Re: La sexualité des ados: totalement débridée?   Jeu 13 Mar - 14:23

De plus en plus d'adultes paniquent devant l'exposition de leurs ados à la porno. Fausse inquiétude ou réalité préoccupante?

Par Pascale Navarro




L'âge des questions
Jocelyne Robert fait office de référence en matière de sexualité adolescente. Elle est l'auteure du livre Full sexuel – La vie amoureuse des adolescents (Éd. de l'Homme), qui représente en quelque sorte une solution de remplacement aux sites pornos, où nombre de jeunes vont présentement chercher des réponses à leurs questions et satisfaire leur curiosité naturelle.


La sexologue a mis son adresse électronique dans son livre sans trop savoir si ses lecteurs allaient lui écrire. Depuis, elle a reçu des centaines de questions d'adolescents anxieux. «C'est à partir de ces messages que je me suis aperçue qu'ils étaient très angoissés au sujet des pratiques et des relations sexuelles, de ce qui est normal ou pas, de ce qu'il faut faire ou pas, confie-t-elle. C'est là qu'on voit de façon évidente que leur sexualité est influencée par la consommation de pornographie.»



Le fait que les jeunes se posent des questions sur la sexualité n'étonne personne. C'est bien le propre des adolescents que d'être curieux, en particulier au sujet du sexe. À preuve, le sondage effectué en 2002 par Tel-jeunes (ligne d'écoute téléphonique destinée aux enfants et aux ados) nous apprenait que 26,1 % des questions traitées portaient sur la sexualité, positionnant le sujet au premier rang des préoccupations de sa clientèle.

En fait, l'inquiétude des adultes est davantage causée par la disponibilité exponentielle de la pornographie sur le Web et des modèles qu'elle véhicule – sadomasochisme, nécrophilie, gangbang (une femme a des relations sexuelles avec de multiples partenaires à la fois), zoophilie, bondage (pratique sadomasochiste où un des partenaires est attaché), etc. Autre source d'appréhension et fait de plus en plus courant: bien des enfants découvrent la sexualité dans Internet.

Fini, le romantisme des premières amours: c'est le sexe cru qui leur sert alors d'initiation. «Une étudiante du secondaire m'a déjà dit: “Mais, madame, si ce n'est pas dans Internet, où est-ce qu'on va apprendre des choses sur la sexualité?”» rapporte Caroline Gauthier, infirmière auprès d'élèves du secondaire. Nombre d'ados saturés de campagnes de prévention (antisida, anti-MTS, anti-avortement) aimeraient en effet qu'on leur parle un peu moins de sexualité «médicalisée» et un peu plus de plaisir et de pratiques sexuelles. «Il faut absolument que les parents ou des adultes de confiance renseignent les enfants, sinon c'est évident qu'ils vont se tourner vers la première source d'information disponible, et Internet est accessible à tous les jeunes qui sont branchés.»

Depuis quelques temps, l'infirmière (qui ne rencontre qu'une partie des élèves, et ce, en situation d'urgence) dit observer des changements quant à leurs questionnements. «Je me fais par exemple demander ce qu'est la nécrophilie, et si les she-male (transsexuels) existent vraiment. Il est aussi arrivé qu'un garçon me demande s'il pouvait adopter avec sa blonde une pratique douteuse qu'il avait vue sur un site pornographique. Je lui ai répondu que ce n'était pas une pratique saine, qu'il ne s'agissait pas d'un comportement normal. Mais pour un garçon qui vient me voir, combien ne se posent pas la question et passent aux actes?»

«Ce n'est pas la pornographie qui est mauvaise en soi, constate Jocelyne Robert. Le problème, c'est que les adolescents sont en contact avec des contenus (fantasmes, pratiques, information) qu'ils ne sont pas en âge de comprendre et d'assimiler. Ils s'interrogent sur des fantasmes d'adultes tels que l'amour à plusieurs, ou encore la bestialité, et se projettent, à 10 ou 11 ans, parfois encore plus tôt, dans des comportements qu'ils ne sont pas à même de

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MessageSujet: Re: La sexualité des ados: totalement débridée?   Jeu 13 Mar - 14:24

Les diktats du Web

Mais n'est-ce pas une bonne chose de permettre à nos ados d'en savoir davantage sur la sexualité au lieu d'entretenir le mystère autour de pratiques marginales, mais réelles? «Je veux bien, répond Jocelyne Robert. Malheureusement, je ne vois pas où est la dimension éducative de cette nouvelle réalité. La disponibilité de l'information en matière de sexualité est doublée d'une pression sociale très forte (touchant particulièrement les filles) qui oblige les jeunes – du moins le ressentent-ils comme cela – à adopter des comportements qu'ils ne désirent pas avoir. On peut bien vanter l'ouverture à la sexualité, mais on se retrouve avec un bien grand problème.»

Ce problème, c'est une exposition prématurée à une sexualité d'adulte, qui provoque une grande confusion chez les ados, souligne Francine Duquet, sexologue spécialiste de l'éducation sexuelle des enfants et des adolescents, et auteure du guide L'éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme de l'éducation pour le compte du ministère de l'Éducation. «Ils ne parviennent plus à faire la différence entre le désir, l'amour, la sexualité, poursuit-elle. Ils ne savent pas décoder ce qu'ils voient au quotidien dans la publicité et dans les vidéoclips. Résultat: garçons et filles sont soumis à une forte pression quant à leurs performances sexuelles. Ils pensent qu'ils doivent passer aux actes et reproduire ce qu'ils ont observé de manière à se conformer à l'image qu'on se fait d'eux.»



Francine Duquet ne cache pas son inquiétude par rapport à certains comportements que les jeunes lui ont dit avoir: deux adolescentes qui s'embrassent pour exciter les garçons, des enfants de neuf ans qui jouent au strip-poker, des jeunes qui s'adonnent à l'échangisme dans le sous-sol des parents, etc. À ce propos, elle dénonce le silence des parents qui sont témoins de telles pratiques et n'interviennent pas, ou encore ignorent les questions que suscite la sexualité chez leurs enfants. «C'est notre responsabilité d'adultes d'expliquer aux ados ce qu'ils vont récolter en adoptant de tels comportements. On dirait que les jeunes croient que parce qu'une pratique sexuelle existe, elle est obligatoire. C'est faux! C'est à nous de les mettre en garde; or les parents, souvent, ont trop peur d'être vieux jeu ou de se mettre leurs enfants à dos.»

Cette pression sociale qui inhibe la parole et l'autorité des adultes joue aussi sur les ados. Non seulement ces derniers veulent-ils montrer leur autonomie et leur maturité sexuelle, mais ils veulent aussi se faire aimer et n'hésitent parfois pas à tout faire pour y arriver. Y compris certains actes dont ils ne mesurent pas la gravité, faute de maturité, comme dans l'exemple qui suit. Une jeune fille de 15 ans amoureuse d'un garçon mais trop timide pour l'aborder a imaginé une drôle de façon de lui manifester son attirance. Elle s'est filmée en train de se caresser, puis a envoyé la cassette au jeune homme qui, on le devine, l'a fait circuler dans toute l'école, puis sur Internet. Résultat? La jeune fille a fait une dépression et a quitté son école. «Ce qui me frappe dans cette triste histoire, explique Francine Duquet, c'est que la jeune fille n'ait pas pris l'initiative d'entrer en contact avec le garçon en lui parlant ou en lui écrivant. Et que le garçon en question n'ait pas eu le réflexe de venir voir son admiratrice pour lui rendre sa cassette vidéo. Pourquoi ne sont-ils pas capables de se parler? La jeune fille a-t-elle seulement réalisé où pouvait la mener cette cassette? A-t-elle compris que son corps et son intimité étaient désormais exposés à tous jusqu'à la fin de ses jours, et qu'elle a perdu quelque chose de sa vie privée?»

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MessageSujet: Re: La sexualité des ados: totalement débridée?   Jeu 13 Mar - 14:24

Real Girl Go Wild
Sans vouloir noircir le tableau, les psychologues, sexologues et autres intervenants consultés pour cet article notent un grand désarroi moral chez les jeunes. Ève-Marie Pouliot est intervenante au Centre de santé des femmes de l'Estrie. «Les filles me disent carrément ne pas être prêtes, par exemple, pour le sexe oral, mais elles se sentent obligées de répondre à cette demande et le font par peur de perdre leur chum. Ce sont des choses que j'entends fréquemment.» Mais n'était-ce pas notre cas à toutes, de vouloir plaire à nos jeunes amants quand nous étions ados? «Oui, mais pas à ce point, répond l'intervenante. On sentait davantage qu'on avait le droit de dire non, il y avait plus de respect. Aujourd'hui, je vois des adolescentes qui ressentent une pression sociale que nous n'avons pas subie.»



Linda Hervieux, infirmière en milieu scolaire au secondaire, constate pour sa part qu'il y a de plus en plus d'interrogations quant à des pratiques autrefois jugées déviantes ou du moins marginales. «Je fais ce boulot depuis 20 ans, et j'entends aujourd'hui de nombreuses questions sur le sexe à plusieurs, par exemple. Elles sont posées par des jeunes d'une douzaine d'années qui se demandent si c'est correct d'avoir ce genre de relations.» Sa collègue, Caroline Gauthier, ajoute avoir reçu une adolescente qui avait été sollicitée pour une relation avec une dizaine de garçons. «Elle m'a dit avoir refusé, mais cela signifie que ces cas existent, et de plus en plus.»

La révolution sexuelle que nous avons vécue dans les années 70 est en train de se solder par une fausse interprétation des choses, constate Jocelyne Robert. «Oui, nous sommes plus “ouverts”, nous parlons avec une certaine banalité des pratiques sexuelles, des positions, etc., mais au lieu d'exprimer nos désirs de manière plus libre et démystifiée, nous instrumentalisons la sexualité et devenons des corps qui se répondent sans plus aucun lien affectif. Nous avons développé une vision utilitaire de notre sexualité, et c'est celle que retiennent nos adolescents, filles et garçons.» Il est moins compromettant, en effet, de se masturber devant une image que d'éprouver du désir pour un autre être humain avec qui il faut cultiver un lien amoureux...

D'autant plus que ce qu'apprennent les ados relève des plus vieux stéréotypes sexuels. «Une des questions qui revient souvent chez les filles, dès l'âge de 11 ans, c'est comment faire une bonne pipe, relatent Jocelyne Robert et Francine Duquet. Elles sont très préoccupées de faire ça correctement; elles perçoivent cette pratique comme un service à rendre à un garçon, mais ne parlent pas du tout de leur désir.

À l'opposé, bien peu de garçons se demandent comment faire un cunnilingus! On est encore plus ancrés qu'auparavant dans le modèle traditionnel de la fille qui sert d'objet sexuel au garçon, et ça, c'est désolant.» Ceci dit, les filles ne sont pas les seules à faire les frais de la porno; les garçons aussi pâtissent de son influence, observe Jocelyne Robert à travers les questions qui lui sont adressées, dans le tiers des cas, par ces derniers. Ils développent d'ailleurs une plus grande dépendance que les filles à son égard. «Les garçons sont plus pressés qu'avant de performer sexuellement. Quand ils ont 15 ou 16 ans, ils disent vouloir un plus gros pénis, bander plus longtemps, et ils ont des modèles de performance irréalistes. Mais ça, ils ne le réalisent pas toujours.»

Ils se sentent aussi angoissés de devoir se conformer à une image traditionaliste de l'homme. «Les garçons ont un modèle précis, ajoute Francine Duquet: ils veulent absolument faire jouir leur compagne, et se disent déçus de leur première relation sexuelle avec une fille si elle n'a pas crié de plaisir!» Et pourtant, ils sont anxieux, eux aussi, de mieux vivre leurs relations avec leurs blondes, souligne Caroline Gauthier. «Ils sont soucieux du plaisir de leur partenaire, mais seulement avec une blonde stable. Dans les relations d'un soir, ça ne paraît pas être une préoccupation.»

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MessageSujet: Re: La sexualité des ados: totalement débridée?   Jeu 13 Mar - 14:25

Et le bon sens?
Des voix plus optimistes se font également entendre. Parmi celles-ci, la voix de la psychologue pour enfants Bernadette Genin. «Je rencontre des jeunes qui sont majoritairement conscients de leurs désirs. Les jeunes filles, notamment, paraissent savoir ce qu'elles veulent et si elles sont prêtes ou non à avoir des relations sexuelles. Je trouve qu'elles sont matures et équilibrées.» Même son de cloche chez Kees Maas, psychologue auprès d'adolescents délinquants dans la région de Montréal. «Je crois qu'il ne faut pas s'alarmer», dit cet homme qui traite pourtant des cas de délinquance grave. «Si je me base sur les recherches faites dans mon domaine, la majorité des adolescents vivent différentes expériences, mais finissent par trouver un équilibre, tout naturellement. Internet et les sites pornographiques sont des tentations, bien sûr.



Mais un jeune qui est équilibré délaissera vite ce monde superficiel et irréel qu'est celui de la pornographie.» C'est le cas de Catherine, 14 ans, qui déclare envoyer balader les garçons qui la sollicitent lorsqu'elle clavarde sur Internet. «C'est vrai que le sujet qui revient le plus, c'est le sexe, confie la jeune fille. Les gars se cherchent des blondes, ils nous demandent si on a une webcam. Ils ont l'air de s'ennuyer. Ce sont des gars qui n'ont pas de vie à eux et qui s'en trouvent une sur Internet. Moi, je les envoie promener; je leur dis de se trouver de quoi s'occuper.» Convaincue?


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MessageSujet: Re: La sexualité des ados: totalement débridée?   Aujourd'hui à 23:24

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