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 Critiquer sa mère est-ce normal?

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Baxter
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MessageSujet: Critiquer sa mère est-ce normal?   Dim 24 Fév - 14:09

Critiquer sa mère est-ce normal?

D’où vient ce besoin qu’ont toutes les filles de passer des commentaires sur leurs mères? Et surtout, est-il légitime de critiquer celle qui nous a donné la vie?
Les reproches qu’on fait à notre mère semblent sans fin: elle est sévère, vieux jeu, excentrique ou étouffante, bref, elle est tout sauf ce qu’on voudrait. Exaspérée par ce modèle imparfait — auquel on risque fort de ressembler en vieillissant —, on la critique ouvertement. Les spécialistes affirment que cette attitude est normale... jusqu’à un certain point!
La ressemblance
Des manuels de psychologie expliquent que le fait d’avoir une petite fille donne à une femme l’impression de se reproduire... Et ce sentiment de ressemblance est réciproque! «La fille se perçoit comme une miniature de sa maman», explique le psychiatre Aldo Naouri, dans son livre Les filles et leurs mères.
Pour sa part, la psychologue Monique Dansereau précise que ce mécanisme fait partie des deux étapes du développement normal de l’être humain: le processus d’identification, qui est suivi à l’adolescence par le processus de différenciation. Ce dernier doit normalement conduire à la séparation, et ces deux passages font de l’enfant un adulte.
La différence
C’est à l’adolescence qu’apparaît, parfois avec cruauté, le processus de différenciation. La jeune fille qui jusque-là idolâtrait sa mère voit tout à coup ses défauts et les grossit jusqu’à l’affrontement. Cris et larmes sont au rendez-vous. Très sain, ce conflit permet à la jeune fille de quitter le monde de l’enfance et de se transformer en femme. «Pour devenir une femme, il faut s’éloigner de sa mère», écrit la psychanalyste Caroline Eliacheff, dans le livre Mères-filles, une relation à trois.
Caroline se souvient très bien de cette époque. «Je critiquais ma mère, indique-t-elle. Je lui disais qu’elle s’habillait mal, qu’elle parlait trop fort, que ce qu’elle disait était niaiseux, qu’elle se mêlait de mes affaires, qu’elle ne connaissait rien, etc. Aujourd’hui, j’enseigne à des adolescents et je reconnais chez eux certains de mes comportements.»
«Françoise Dolto a déclaré que la mission des enfants était de dépasser leurs parents, ajoute Monique Dansereau. Cette pulsion vit en nous et, pour se différencier, on grossit leurs défauts et on minimise leurs qualités.»
Inquiets et souvent perdus, certains parents résistent et freinent cette séparation. Celle-ci est pourtant nécessaire. «C’est ce qui conduit à l’intégration de la réalité. La jeune fille va en arriver à se dire: "Ma mère a des qualités et des défauts, mais je l’aime et je vais l’accepter comme elle est. Après tout, je ne suis pas elle, mais un individu à part entière"», explique Monique Dansereau.
Et la culpabilité?

Mis en branle à l’adolescence, ce processus devrait s’arrêter au début de l’âge adulte, mais il arrive que les conflits perdurent. «Les processus psychologiques n’ont pas d’âge, admet Mme Dansereau. Pour certaines, le conflit ne se réglera jamais.»
«Visiter ma mère m’épuise, raconte Lise. Quand elle me voit, elle critique mes vêtements, me dit que j’ai engraissé, émet des commentaires sur mon chum, sur mes enfants. Bref, devant elle, je me retrouve comme quand j’avais six ans.»
Pour Monique Dansereau, ce cas est typique de la mère qui, pour une raison quelconque, n’a pas encouragé la séparation. Elle refuse de voir sa fille devenir adulte et elle tente de la garder dans le monde de l’enfance par des remarques et des sous-entendus. «Une femme de 30 ans ne devrait pas avoir besoin de l’approbation de sa mère. Elle devrait pouvoir accepter les critiques sans se sentir blessée.»
Devant ses parents qui vieillissent, on se sent coupables de ces frictions qui se prolongent, car, symboliquement, nos parents sont des objets d’amour. «Être adulte, c’est être capable de vivre avec la culpabilité et ne pas se sentir paralysé. Ce conflit fait partie du développement normal et, si ce n’est pas déjà fait, je suggère aux femmes de le régler en elles-mêmes plutôt que de bouleverser une maman âgée.»
Une grossesse fait parfois évoluer les choses. «Il a fallu que je devienne enceinte et mère pour comprendre que les restrictions qui me brimaient n’avaient d’autre but que de me protéger...» admet Frédérique, qui a fait la paix avec sa mère après la naissance de ses enfants.
Exercice de paix
La psychologue Rachel Marquis a mis au point un exercice qui permet de retrouver la paix intérieure. «Il s’agit de regarder, d’observer et d’écouter sa mère. On dresse ensuite une liste de ses qualités et de ses défauts, ainsi que de ses forces et de ses faiblesses. Efforcez-vous de ne pas confondre faiblesse et défaut, ou qualité et force. Être chialeuse, c’est un défaut, mais être mauvaise cuisinière, c’est une faiblesse. Chaque être humain possède ses forces et ses qualités. Il suffit de mettre en lumière celles de notre mère, ce qui nous permettra de l’accepter globalement. Faire la paix est important. Il ne faut jamais attendre que les gens gisent sur leur lit de mort pour y arriver.»
Conseil de la psychologue Monique Dansereau aux mères d’une ado.

Le sujet vous intéresse? Vous voulez en discuter? Vous voulez partager avec d’autres vos expériences, vos émotions et vos réflexions?
«Aidez votre jeune fille à se séparer de vous. N’ayez pas peur de déposer les armes, de reconnaître vos faiblesses, vos défauts et d’accepter avec humilité qu’elle vous "rentre dedans!. Il faut beaucoup de force pour le supporter, mais rappelez-vous que c’est un processus passager et que, si vous l’aidez à se séparer, le conflit durera moins longtemps. Surtout, il faut se rappeler que lorsque les liens entre la mère et la fille sont forts, il est souffrant et douloureux de les couper, mais il FAUT le faire.»
Ma mère, mon amie
La psychologue Rachel Marquis met les femmes en garde contre l’amitié mère-fille, un concept à la mode mais qui ne devrait pas exister, selon elle. «Une mère a des responsabilités et un rôle à jouer. L’amitié les positionne comme des rivales!» prévient Mme Marquis, qui suggère fortement la lecture de Rivales ou amies, de Shere Hite.
Monique Dansereau est du même avis. «On peut être proches et se confier l’une à l’autre, admet-elle, mais les parents doivent garder leur position d’autorité et valider ainsi ce qui est bien et mal.»
À lire


  • Ma mère, mon miroir, de Nancy Friday, Éditions Robert Laffont Mères-filles, une relation à trois, de Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich, Éditions Albin Michel
  • Entre mère et fille: un ravage, de Marie-Magdeleine Lessana, Le Livre de Poche
  • Les filles et leurs mères, du Dr Aldo Naouri, Éditions Odile Jacob Rivales ou amies, de Shere Hite, Éditions Albin Michel


Source : http://femmeplus.canoe.com/bienetre/article1/2005/11/18/1312922-fp.html

http://www.suicide-quebec.net/critiquemere.html

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