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 Le rôle des grands-parents auprès des adolescents

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Baxter
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MessageSujet: Le rôle des grands-parents auprès des adolescents   Mar 16 Oct - 23:15

Le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec

Madame Lucille Girard
Responsable du dossier Famille
FADOQ - Fédération de l'âge d'or du Québec

En cette Année internationale des personnes âgées, l'Organisation des Nations Unies invite la Terre entière à célébrer les relations entre les générations. Ici, chez nous, dans un quartier d'une grande ville, des aînés retroussent leurs manches pour jouer leur rôle de grands-parents auprès des adolescents. Quel est ce rôle ? Madame Lucille Girard, responsable du dossier Famille à la FADOQ, cofondatrice de la Maison des grands-parents de Villeray et grand-maman de quatorze (14) petits-enfants, nous livre la recette de cette complicité, indispensable comme le pain au milieu de la tablée. Avec quelques trucs pour ne pas gâter la sauce.

Le rôle des grands-parents auprès des adolescents

C'est avec un grand plaisir et une grande fierté que je représente aujourd'hui un groupe d'aînés parmi les plus en vue et les plus reconnus du Québec. Il compte un quart de million de membres.

Lors de l'Année internationale de la famille, en 1994, la FADOQ lançait son programme intergénérationnel intitulé : Complices en action. À cette occasion, un concours de dessin auprès des jeunes artistes fut mis sur pied, afin de créer un modèle de trophée. Baptisé Prix Père Marcel-de-la-Sablonnière en hommage au Père Sablon, bienfaiteur auprès des jeunes, cette reconnaissance serait remise à un organisme d'aînés impliqué dans des activités intergénérationnelles. Depuis un bon moment, des grands-parents avaient compris leur rôle auprès de nos adolescents. En cette année 1994, La Maison des Grands-Parents de Villeray fut le premier lauréat du Prix Père Marcel-de-la-Sablonnière. C'est justement, à cause de l'implication bénévole de ses aînés auprès des jeunes générations. J'en suis très fière. Et ce n'était qu'un départ.

L'idée d'un rapprochement intergénérationnel a germé au Club de l'âge d'or le Pélican, dans le quartier Villeray, au début des années 90. Elle a bénéficié, par la suite, de l'appui très soutenu de la FADOQ, tant au niveau provincial que régional. D'autres collaborateurs ont mis l'épaule à la roue et je tiens à mentionner ici, le Regroupement inter-organismes pour une politique familiale au Québec.

Oui, nous, les aînés, avons un rôle très important à jouer auprès de nos adolescents. Mais avant de définir ce rôle, il faut admettre une triste réalité : la vocation de grand-parent est en voie de disparition. La famille n'est plus ce qu'elle était. On parle aujourd'hui de familles monoparentales, éclatées, reconstituées... L'enfant se retrouve souvent écartelé entre trois ou quatre paires de grands-parents, qu'il ne voit plus qu'à l'occasion et à la sauvette. Jeunes et grands-parents sont loin l'un de l'autre.

Nous avons aujourd'hui atteint des sommets concernant les machines de communication, du répondeur téléphonique au téléphone cellulaire, en passant par le télécopieur, le courrier électronique et l'Internet. Nous avons aussi atteint des sommets à propos de droit à l'expression. Aujourd'hui, il est permis de parler de tout, ou presque. Aujourd'hui, il est permis de montrer ses émotions. Mais un petit détail compromet la communication : il n'y a plus de présence !

Entre adolescents et grands-parents, cette présence s'organise autour de la complicité. Cette complicité, les grands-parents la nourrissent de multiples façons, en commençant par la transmission des vraies valeurs. L'école ne les enseigne pas. Au fil du temps, de génération en génération, les valeurs fondamentales résistent aux intempéries sans jamais perdre de leur importance. Les aînés ont connu l'époque où la conduite humaine suivait une ligne tracée d'avance par d'autres, et s'appuyait sur le sens du devoir. Les jeunes, quant à eux, connaissent l'époque des “ conduites à choix multiples ”. En soi, cette nouvelle vague ne fait pas trop de malheurs ... pourvu que l'on sache naviguer en eaux troubles, sans s'engluer dans la vase ou échouer sur un récif. Fidélité, honnêteté, sincérité, entraide, respect de soi et des autres, ténacité ... doivent être enseignés comme le meilleur moyen de s'en sortir, à la fois personnellement et collectivement.

Personnellement, on y puise la force de continuer, de surmonter les difficultés. Collectivement, elles permettent aux projets de naître et de grandir. Le rêve d'un Maison de grands-parents paraissait une montagne impossible à gravir. Il est devenu réalité parce que beaucoup d'autres y ont investi leur confiance et leur conviction.

Transmettre des valeurs fondamentales, c'est une façon de jouer un rôle de soutien. Une autre manière de fournir support aux jeunes, c'est de les accompagner en tant que personne ayant déjà connu un bon lot de peurs et d'épreuves.

La transmission ne concerne pas que les valeurs fondamentales, mais également le savoir-faire. Si chacun des aînés consacrait quelques heures par semaine à enseigner son métier à un jeune qui veut suivre ses traces, le décrochage scolaire et le chômage fondraient à vue d'oeil.

Il est plutôt étonnant de constater que les deux générations souffrent des mêmes problèmes, qui se ramènent à la formule des quatre “ i ” : inutilité, isolement, insécurité, inactivité. Les deux générations en se rapprochant, s'apporte mutuellement un grand soulagement. Elles trouvent, l'une par l'autre, la solution à leurs problèmes.

Surmonter les obstacles au rapprochement

Pour parvenir au rapprochement, il faut d'abord résister à la démission et cultiver la volonté de ranimer les liens. Il faut aussi paver la voie, c'est-à-dire ouvrir la porte, faire la moitié du chemin, et inviter les jeunes à en faire autant.

Ici, la tolérance, la souplesse et l'ouverture d'esprit sont des atouts indispensables. Par exemple, les valeurs doivent s'accommoder, s'adapter, s'appliquer différemment d'une époque à l'autre. Leur survivance suppose un effort, de part et d'autre. L'attitude radicale, catégorique, impitoyable mène à l'impasse.

Les relations intergénérationnelles se heurtent souvent à un autre genre d'obstacles : de part et d'autre, il y a la peur, à cause des préjugés. Les adolescents croient que les aînés ont la détestable habitude de donner des directives, que les aînés ne peuvent pas comprendre puisqu'ils sont d'un autre temps. Les aînés, quant à eux, s'imaginent que les jeunes n'ont pas d'idéal, qu'ils sont dangereux, qu'ils ont de mauvaises habitudes. Bien sûr, on rencontre ce type d'aînés et ce type de jeunes, qui confirment les idées reçues. Mais il faut se garder de généraliser et de les mettre tous dans le même sac. Il est bon de se rappeler sa propre jeunesse, ce temps où nos manières délurées ont fait dresser les cheveux sur la tête de nos aïeux en état de commotion.

Parler de préjugés, c'est parler des apparences. Au-delà des apparences d'indépendance, d'indifférence, d'hostilité ou d'arrogance se trouve quelqu'un qui attend quelque chose.

Être complice ne signifie pas être d'accord, mais bien essayer de comprendre l'autre et de gagner sa confiance. Si les jeunes ont un langage à eux, il faut apprendre ce langage. Comprendre les jeunes, c'est aussi reconnaître que l'on demande souvent de prendre les bouchées doubles, d'être des adultes prématurément.

À propos de la compréhension, permettez-moi un petit détour du côté des médias. Friands de sensations, ils exhibent les mauvais coups et exposent la misère en spectacle, mais ne tentent que rarement de comprendre au-delà de l'image. Jamais il n'est dit que les jeunes délinquants portent en eux une souffrance insupportable.

Regardons ensemble le symbole de l'Année internationale des aînés. N'y voyons nous pas ce mouvement ouvert vers le haut, cette invitation à l'ouverture et à l'espoir, ce mouvement de vie persiste durant la vieillesse, se prolonge vers l'au-delà, et triomphe avec cette ouverture sans fin. N'y voyons nous pas ces couleurs du rouge et du jaune qui rappellent la flamme que nous devons entretenir afin qu'elle ne s'éteigne pas. Comme un phare, nous devons représenter l'espoir en transmettant les vraies valeurs. Il s'agit tout simplement de les appliquer différemment. Nos adolescents, il faut les accepter avec leurs différences, avec leurs multiples couleurs. Je les trouve beaux avec leurs casquettes, ils se ressemblent tous. Ensemble, dans ce rapprochement fécond, nous avons des tas de choses à découvrir et à réussir !

Le symbole n'a rien de prétentieux ni de bien compliqué. Et ce sont justement des choses simples qui donnent la richesse à la vie.

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"La valeur d'une personne se mesure toujours au bonheur qu'elle donnent aux autres."
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