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 La prise d’autonomie des ados et les relations avec les pare

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Baxter
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MessageSujet: La prise d’autonomie des ados et les relations avec les pare   Sam 21 Avr - 16:28

La prise d’autonomie des ados et les relations avec les parents

« Il ne veut plus rien faire avec nous. » Nous entendons souvent les parents de l’adolescent dire cette phrase, désolés de ce changement soudain. Nous sommes là au cœur d’un des changements psychologiques principaux chez l’adolescent. Il se voit pris au piège dans un paradoxe : il a besoin de prendre son autonomie car il grandit et devient adulte, mais la dépendance affective à l’égard de ses parents subsiste.





Du fait du corps de l’adolescent devenu pubère, la relation aux parents se sexualise. Les uns et les autres se gênent avec leur corps. L’adolescent ne supporte plus la proximité affectueuse de ses parents, car ses désirs inconscients incestueux sont ravivés et devenus plus dangereux.

L’interdit de l’inceste bien intériorisé entraîne l’éloignement, sain et normal, de l’adolescent des parents. Il se tourne alors vers ses pairs, expérimentant les amitiés fortes, puis les relations amoureuses.

Notons par ailleurs que plus le sentiment de sécurité interne est solide, plus il sera facile à l’adolescent de s’autonomiser. Si cette sécurité interne est fragile et que l’adolescent ressent le besoin d’un apport extérieur, il va se trouver « coincé » dans sa prise d’autonomie. Il ressentira alors le tiraillement entre ce qu’il doit quitter et dont il ressent encore le besoin, et la nécessité de s’éloigner imposée par le temps de grandir. Plus il a besoin et moins il peut demander, la dépendance ravivant son besoin, dialectique inextricable.








Ce sentiment de sécurité interne se construit dans l’enfance, dès le plus jeune âge, par un étayage affectif suffisamment bon. Ce sentiment sur lequel nous nous appuyons toute notre vie est un compagnon essentiel. Plus il est fragile et plus nous le remplaçons par un appui sur des éléments extérieurs par nécessité de nous rassurer sans cesse. A l’adolescence, les changements qui s’opèrent à l’insu du sujet déclenchent un état de vulnérabilité et de doute. Il est alors bon que l’adolescent puisse s’appuyer sur cette sécurité interne acquise dans l’enfance : elle lui servira de point de repère pour ne pas perdre pied.

Par ailleurs, plus la relation au parent était proche et chargée affectivement, plus elle est difficile à modifier. Si cette relation est sous-tendue par une grande attente de la part de l’adolescent, la déception de ne pas obtenir une réponse à son attente peut émerger et donner lieu à un rejet du parent. Le rejet est souvent proportionnel à la déception ressentie par l’adolescent. Le parent, dans une juste distance à l’égard de son enfant, ne doit donc se situer ni dans la séduction ni dans l’indifférence. En effet, cette aptitude d’autonomisation est aussi liée à la capacité des parents à voir grandir et s’éloigner leurs adolescents. De même, la capacité des parents à accepter le changement de relation avec leur adolescent est importante. De par leur propre histoire, de par la place qu’avait pris l’enfant dans leur problématique, les parents peuvent souffrir de ce changement radical. Ils interprètent alors les changements d’humeur, la distance prise par leur enfant comme un rejet, un abandon et non comme une saine tentative de se différencier. L’autre parent joue alors un rôle essentiel en dédramatisant, en temporisant les conflits et en soutenant son conjoint. Si la souffrance et l’incompréhension du parent continuent, les parents peuvent alors demander l’aide d’un tiers.

Dans le même mouvement, l’adolescent doit composer avec les attentes de ses parents. Or, si celles-ci sont très élevées et en dehors de ses possibilités, elles auront comme effet de le bloquer ou de l’inhiber. Il aura alors tendance à rejeter les désirs de ses parents et tout ce qui les représente.

Le conflit est une manière de garder un lien tout en introduisant une distance. Il peut être la seule façon que l’adolescent trouve pour ajuster la distance et faire avec le paradoxe de prise d’autonomie et de dépendance affective qu’il ressent.

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