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 Allaiter un prématuré

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Baxter
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MessageSujet: Allaiter un prématuré   Sam 6 Jan - 0:09

Allaiter un prématuré



Lorsqu'on demande à de futures mères si elles pensent allaiter leur bébé, certaines répondent "oui" sans hésitation, d'autres ajoutent : "surtout s'il est petit". Pourtant, peu de prématurés sont réellement allaités en arrivant enfin à la maison, car la route est jalonnée de multiples obstacles qu'information et soutien pourraient aider à surmonter.


Le moment et le lieu de l'accouchement:

On dit du bébé qu'il est prématuré s'il naît à moins de 37 semaines d'âge gestationnel. La situation sera bien différente si la mère accouche à 36 semaines d'un nouveau-né de 2400 g en bonne santé qui reste auprès d'elle, ou si le bébé né à 28 semaines est hospitalisé à des centaines de kilomètres



Les sentiments des parents:

Ils varient selon les circonstances et sont d'autant plus intenses que le bébé est petit. Parfois la mère est terriblement choquée de sa grossesse écourtée, de ce bébé si petit, si différent du bébé rêvé que son imaginaire avait construit. Réaliser que la grossesse est terminée est parfois difficile, surtout si la mère était endormie au moment de la naissance et que le bébé a été éloigné.

Une phase de sidération, de désorientation (pendant lequel la mère se repère difficilement dans le temps) est possible. D'autres sentiments et sensations assaillent les parents : peur, inquiétude, anxiété, colère, déni, découragement, culpabilité, tristesse... Les deux parents peuvent vivre les événements de façon différente. Et même si leurs sentiments sont semblables, ils sont souvent vécus à contretemps par l'un et l'autre, d'où une
difficulté de parler et de communiquer.

Au milieu de cette période si tourmentée et difficile, l'allaitement maternel peut tout à coup paraître bien peu important à certaines mères. Elles ont, plus ou moins consciemment, si peur de s'attacher à ce bébé qui pourrait mourir, la situation est émotionnellement si douloureuse, qu'elles craignent d'être vulnérabilisées par ce don d'elles-mêmes à leur bébé. D'autres mères sont impressionnées par l'aspect technologique de la situation et se sentent démunies, inutiles. Elles ont l'impression que les professionnels entourant leur bébé, occupés à régler les machines, vérifier les examens sanguins, ajuster le contenu des perfusions, sont seuls capables de faire
quelque chose à ce moment.

A l'inverse, nombreuses sont les mères qui avaient ou non prévu d'allaiter, et qui, en donnant leur lait puis en allaitant, se sont senties plus proches de ce petit enfant.

Même si l'enfant trop petit ne peut pas téter, il semble primordial, sauf en cas d'urgence vitale, de favoriser cet instant de contact peau à peau, temps d'une photo polaroïd par l'équipe médicale, pour que chacun, mère, père et enfant, se "reconnaisse".

Dans de rares centres, la mère et son bébé peuvent rester ensemble dans des chambres spécialement aménagées. Moins rarement, il existe une unité mère-enfant couplée avec un centre de néonatologie. La mère est alors séparée de son bébé par quelques étages, ou hospitalisée dans un bâtiment différent du sien.

Si la maternité n'a pas de système d'ambulance pour conduire les mères voir leur enfant, il est toujours possible de demander à l'obstétricien une permission de quelques heures pour se rendre en voiture particulière au centre des prématurés. En ayant prévenu à l'avance le personnel de cette visite, et en ayant demandé les heures des repas du bébé, la mère pourra éventuellement mettre son bébé au sein, sinon elle pourra lui parler, le caresser, lui faire un câlin.

Bien souvent le père l'aura devancée, surtout si la naissance s'est compliquée d'une césarienne ou si la mère a besoin de soins qui l'empêchent de se rendre au centre des prématurés. La plupart du temps toutefois, il est possible de trouver un arrangement, car à l'heure actuelle, la majorité des centres de prématurés ouvrent leurs portes aux parents pratiquement 24 heures sur 24, afin de minimiser les effets de la séparation. Cela est particulièrement utile quand le couple a d'autres enfants à la maison, et que les parents doivent se relayer pour rendre visite à leur dernier-né.

Les parents seront informés des précautions d'hygiène à prendre pendant les visites (mains lavées, port d'une blouse spéciale) Au début, ces entrées dans les services perturbent un peu l'organisation habituelle, mais à long terme elles ont des bénéfices inestimables. Et l'on est maintenant bien conscient qu'en général, ce ne sont pas les germes portés par les parents qui sont à redouter, mais les microbes hospitaliers.



Au-delà du lait, l'allaitement

L'allaitement rapproche la mère et l'enfant. Même si au début, le bébé le reçoit par une sonde de gavage, donner son lait peut permettre à la mère de se sentir comme "reliée" à lui. Une fois que le bébé peut être allaité, beaucoup de mères expliquent que ce "lien du lait" les a aidées à combler le temps de la séparation.

Le bébé de plus de 1500 g en bonne santé:

C'est souvent un bébé né à plus de 30-32 semaines de gestation, et il y a de fortes chances pour qu'il puisse prendre le sein efficacement, même si certains de ces bébés, parmi les plus petits, ont une succion faible.



Tirer son lait : où, quand, comment?

Certaines mères se sentent au départ vraiment mal à l'aise d'avoir à utiliser un tire-lait. Il leur faut faire un réel effort pour visualiser que ce lait qu'elles tirent est pour leur bébé. D'autres, qui restent à la maternité, disent quand elles sont loin de leur bébé : "C'est la seule chose que je puisse faire pour lui".

Les seins se sont préparés pour l'allaitement dès les premiers jours de la grossesse et quel que soit le terme, ils sont prêts à produire du lait dès avant la naissance du bébé. Si le bébé n'est pas capable de prendre le sein, la mère peut très bien tirer son lait pour stimuler la lactation. Si l'on se sent suffisamment bien, le plus tôt c'est le mieux. Ainsi il peut très vite être donné au bébé. En effet, les petits prématurés nourris dans les deux heures suivant leur naissance avec du lait maternel, perdent moins de poids, sont moins sujets à l'hypoglycémie (manque de sucre dans le sang) et ont moins de risques de jaunisse.

Le moyen le plus efficace et le plus commode de tirer son lait sur une longue période est le tire-lait électrique. Dans l'idéal, la mère devrait tirer son lait toutes les deux ou trois heures. Une étude récente a démontré que les mères avaient besoin de tirer un minimum de cinq fois par 24 heures, pour une durée totale de 100 mn, pour entretenir la lactation en l'absence de succion du bébé. Tirer fréquemment est plus efficace que tirer longtemps à intervalles espacés. Par ailleurs, tirer au moins 10 mn à chaque sein, permet d'obtenir un lait plus calorique car plus riche en graisses.

Au début, c'est du goutte à goutte et il ne faut pas hésiter à passer d'un sein à l'autre et à tirer chaque sein deux ou trois fois. Faire un massage prolongé des seins auparavant aidera le lait à couler. Écouter de la musique relaxante, penser à son bébé, regarder une photo, une cassette vidéo prise à l'hôpital, sentir, toucher une petite chemise qui porte son odeur, permet d'augmenter la quantité recueillie.

De nouveaux modèles de tire-lait électriques apparaissent sur le marché, plus modernes, plus efficaces, moins bruyants, qui pour certains permettent de tirer les deux seins en même temps, ce qui augmente le taux de prolactine (l'hormone responsable de la fabrication du lait) et diminue de moitié le temps passé à tirer.


Certaines mamans préféreront l'expression manuelle, qui demande un temps d'apprentissage, ou un tire-lait manuel. Quelle que soit la méthode employée, il est important de bien se laver les mains avant de tirer, et d'utiliser un récipient stérile.


Le lait sera réfrigéré et rapidement porté au bébé, en prenant soin de ne pas rompre la chaîne du froid. Malgré des précautions d'hygiène soigneuse et les preuves de plus en plus nombreuses de l'importance du lait de la mère elle-même pour son bébé, certains centres continuent malheureusement à refuser de donner directement au bébé le lait de sa propre mère, lui donnant à la place du lait de lactarium.

De nombreux prématurés grossissent et grandissent très bien simplement avec le lait de leur propre mère. Des examens sanguins et urinaires de routine diront si le bébé a besoin d'un supplément de vitamines, de sels minéraux, de protéines. Ceci est particulièrement valable pour des enfants pesant moins de 1500 g.

Si la mère est sur place, il est possible de donner le complément pendant la tétée même, grâce au Dispositif Auxiliaire de Lactation (DAL). Un flacon en plastique spécial contenant le lait tiré (ou un complément si la mère n'a pu tirer assez de lait) est suspendu au cou de la mère. Les deux fins tuyaux qui en sortent ont leurs extrémités fixées sur les mamelons avec du ruban adhésif. L'enfant tète en même temps le sein et le tuyau. Le risque de confusion sein-tétine est évité, et le bébé stimule la sécrétion lactée de sa mère tout en recevant son lait au sein et le
complément contenu dans le flacon.



Les prématurés de 1500 g ou moins:

Au sujet de ces bébés, qui sont souvent nés à moins de 35 semaines de gestation, beaucoup de mythes perdurent et empêchent l'allaitement. Des études de plus en plus nombreuses viennent bousculer les vieilles notions.


Elles ont montré que :
- l'allaitement est moins stressant pour le prématuré que la prise du biberon. Des bébés prématurés pesant environ 1300 g ont été observés individuellement lors de leurs tétées au biberon et au sein. Ainsi chaque bébé devenait son propre contrôle. Les signes de stress physique étaient mesurés en vérifiant la température du corps et la pression d'oxygène transcutanée. La température du corps des bébés augmentait légèrement pendant l'allaitement, ce qui évitait qu'ils ne se refroidissent et la pression transcutanée d'oxygène restait à des niveaux élevés. En revanche, pendant la prise du biberon, la température et la pression d'oxygène baissaient;

- les bébés ont une meilleure maîtrise de la succion/déglutition au sein qu'au biberon. Les études confirment maintenant que certains bébés de 1200 g ont la possibilité de téter le sein efficacement dès 32 semaines de gestation, bien avant d'être capables de supporter les tétines des biberons qui génèrent chez eux hypoxie (baisse de l'oxygène) et bradycardie (ralentissement du cœur);

- la quantité de lait bue pendant les tétées peut être déterminée avec précision si l'on se sert d'une balance électronique.



Les premières tétées:

Déjà pendant la phase où le bébé est nourri avec une sonde de gavage, il est possible de le mettre au sein, quitte à avoir tiré le plus possible juste avant, afin d'éviter qu'il n'inhale du lait. Des travaux ont en effet montré que la tétée pendant la gavage augmente l'amplitude gastrique et la prise de poids.

De même que tirer son lait au jour le jour pour démarrer et entretenir sa lactation n'est pas toujours facile et demande soutien et encouragement, de même les premières tétées sont un temps d'apprentissage pour la mère et le bébé. Bien connaître l'allaitement facilite cette mise en route (positions les plus favorables pour que le petit prématuré prenne bien le sein -"ballon de rugby" par exemple-, réflexe d'éjection du lait, composition plus calorique du lait en fin de tétée, etc.). De plus les mamans de prématurés sont accueillies avec beaucoup de chaleur dans les groupes de soutien à l'allaitement.

Les premières tétées demandent du temps et de la patience. De l'intimité, l'aide d'une personne expérimentée et une attente réaliste de ce que peut faire le bébé aideront tout le monde à être plus détendu. Le bébé doit apprendre à ouvrir grand la bouche comme s'il baillait, avec la langue en bas et à plat. Il faut souvent l'aider ou lui tenir la tête.

Certains petits prématurés ont besoin de beaucoup de temps pour téter correctement au sein. Les tétées sont entrecoupées de nombreuses pauses. Il est préférable de ne pas limiter arbitrairement leur durée, mais plutôt d'observer chaque bébé individuellement. La maman arrivera vite à reconnaître les signes de fatigue ou de stress.

Dès que le bébé tète un peu mieux, la mère peut être tentée d'abandonner le tire-lait. Il est toutefois prudent de vérifier que le bébé tète suffisamment efficacement au cours des 24h pour pouvoir se nourrir entièrement au sein.



La sortie:

Tout en étant contents, les parents peuvent appréhender ce moment. S'occuper de plus en plus de son bébé augmentera la confiance en elle de la mère. Apprendre à reconnaître les signes montrant qu'il a bien tété l'aidera à être plus rassurée à la maison. Encore plus qu'avec un autre bébé, il sera bon qu'elle reçoive de l'aide pour le ménage, la cuisine, les soins aux autres enfants. Elle devrait pouvoir se consacrer à son bébé pendant quelques semaines et veiller à bien manger et dormir pendant le sommeil de son bébé.

Bien que certains prématurés aient besoin souvent et pendant longtemps d'encouragement pour se nourrir au sein, de nombreuses mères trouvent qu'elles sont capables de bien allaiter rapidement après le retour du bébé à la maison. S'il n'est pas entièrement allaité ou si sa succion est faible, la mère continuera à tirer son lait.

Cela peut durer quelques semaines. Mais la mère doit garder à l'esprit que c'est temporaire et que plus les bébés, qu'ils soient nés à terme ou prématurés, tètent souvent et efficacement, plus leur mère aura du lait

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"La valeur d'une personne se mesure toujours au bonheur qu'elle donnent aux autres."
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