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 ALLAITER UN BEBE PREMATURE

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Baxter
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MessageSujet: ALLAITER UN BEBE PREMATURE   Mar 19 Déc - 1:07

ALLAITER UN BEBE PREMATURE

Vous trouverez ici quelques références et textes sur l'allaitement du bébé prématuré.

N'hésitez pas à poser des questions sur le forum et y trouver de l'encouragement !



Un bébé "à terme" dans la tête; né trop tôt dans la réalité…

Bien longtemps parfois avant l'acte de conception biologique, un enfant vit dans l'imaginaire de ses parents. Nous lui attribuons des qualités, le voyons jouer, rire, téter notre sein avec un absolu plaisir. Instantanés de bonheur, ces projets nous construisent parents. Nous nous en enveloppons au dernier trimestre de la grossesse lorsque le dos fait mal, les jambes sont lourdes, quand nous nous sentons lasses et que le temps semble s'étirer tel un vieux chat au coin du feu. Si nous avons déjà choisi l'allaitement maternel, le film de cette petite frimousse toute ratatinée se nourrissant de nous nous offre une vision de continuité, d'harmonie, de symbiose. Nous nous apprêtons à accoucher sans qu'il y ait une totale rupture physique entre notre enfant et nous. Et nous en sommes heureuses.

Et puis soudain, il n'y a que le vide ou plutôt un téléscopage entre le désespérant vide de notre ventre, en l'encore plein de notre imaginaire. A cela s'ajoute la peur, l'urgence, l'incertitude, la douleur, l'incompréhension, la culpabilité. Nous vivons une forme de " décrochage " psychique avec, de temps à autre, une trouée dans les nuages qui nous bascule dans la réalité. Les jours qui suivent l'accouchement semblent souvent hors du temps ; nous fonctionnons en automate. Notre enfant peut avoir été transféré dans un autre hôpital, à des kilomètres de nous. Voilà les circonstances lors desquelles une infirmière nous demandera si nous désirons allaiter notre enfant ou non.

Allaiter cet enfant

Dans ces moments-là, ce choix peut s'inscrire dans la manière dont nous abordons la vie. C'est l'histoire de la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide. La qualité des informations que nous recevons, la personnalité de l'infirmière, le regard du papa: tout est susceptible de nous influencer dans un sens ou dans l'autre. Si cette naissance est la première, nous serons d'autant moins armées pour prendre une décision et parfois la défendre.

Allaiter son prématuré n'offre ni plaisir ni satisfaction immédiate

Une machine (le tire-lait) ne vous sourit pas, ne vous regarde pas, ne s'endort pas lorsque vous l'éteignez. Cela requiert de la patience, de la discipline, et une volonté à toute épreuve. Selon les études, près d'une femme sur deux choisit d'allaiter son enfant, mais près des trois-quarts abandonneront avant le retour à domicile. L'accompagnement soutenant de l'équipe est essentiel. Il est vrai que les semaines passent et vous épuisent. Le contenu des biberons suit les fluctuations du moral, lui-même soumis à l'état de santé de votre bébé…

A chaque fois que vous allumez l'aspirateur à lait, vous ne pensez qu'à l'instant où !!!!!!! enfin mini-schtroumpf ou mini-schtroumpfette prendra votre sein. (C'est une belle manière de porter bébé " dans sa tête " !) Chacune y va de son truc pour se stimuler: une photo devant les yeux, la dernière brassière portée sous le nez, …

Nous pleurons toutes, nous nous décourageons toutes, souvent nous avons envie d'abandonner, souvent nous doutons.

Pourquoi dès lors s'imposer toutes ces contraintes, alors que le lait industriel coule à flots dans le tuyau de gavage d'à côté?

Parce que, même si nous sommes peu ou mal informées, nous avons l'intime conviction que notre lait est le meilleur pour notre bébé. Parce que nous ne pouvons être moins courageuses, moins fortes que notre petit bout au début de vie si difficile. Parce qu'au milieu de toutes ces femmes qui nous disent ce que nous pouvons ou non faire avec notre enfant, nous sommes les seules à pouvoir poser cet acte-là pour lui.

La nature est prévoyante. Même si la "montée de lait" (qui s'accompagne parfois d'une congestion mammaire le deuxième ou troisième jour) peut être retardée ou diminuée par rapport à une naissance à terme, nous produirons du colostrum, puis du lait. Leur composition sera adaptée aux besoins de notre bébé prématuré mais il sera enrichit d'un complément afin d'optimaliser la croissance du bébé. Le lait pré-terme est une vraie mine de santé pour lui. Rendez-vous compte: il est riche en enzymes, en acides gras à chaîne moyenne, en sels biliaires pour une meilleure digestion et absorption en graisse. Cette composition particulière aura comme conséquence directe de limiter le potentiel reflux gastro-oesophagien, rendra plus aisé le travail des reins, limitera la dépense énergétique, aidera à la maturation cérébrale. Ce lait est concentré en protéines et très énergétique, pour une croissance proche de celle du fœtus. Les anticorps, les facteurs anti-infectieux et de renouvellement cellulaire protègent le bébé de certaines agressions contre lesquelles il ne pourrait se défendre, et diminuent le risque d'entérocolite ulcéro-nécrosante, dont les conséquences sont redoutables. Et ce n'est pas tout. L'allaitement au sein invite bébé à travailler le réseau musculaire buccal, et le lait maternel stimule le développement du sens gustatif. Certaines études ont ainsi démontré qu'un prématuré nourri au sein connaît moins de problèmes alimentaires, passe plus facilement à la nourriture solide et… vocalise plus tôt!

Entre la naissance et la mise au sein, il va s'écouler plusieurs semaines ou mois

Le schéma que suit l'alimentation d'un prématuré dépend de sa pathologie, de son âge et de son poids. Suivant ces paramètres, il peut recevoir par voie veineuse un cocktail qui lui fournit ce dont il a besoin pour continuer à se construire. Ou être gavé via une sonde gastrique qui, passant par la bouche ou le nez, conduira le lait directement jusqu'à l'estomac. Idéalement, la position par voie orale devrait être privilégiée, car elle favorise la succion non nutritive. Cette succion peut être stimulée en donnant au bébé quelques minutes par heure (dix minutes maximum pour ne pas surstimuler, selon certains), une tétine si possible conçue spécifiquement pour les prématurés.

Il vaut mieux éviter les tétines trop courtes ou bulbeuses, qui risquent d'entraîne un apprentissage inadéquat. On a observé qu'ainsi, les bébés gagnaient plus vite du poids, étaient nourris par la bouche plus tôt, et restaient moins longtemps à l'hôpital. En outre, ils sont moins stressés, moins agités, et leur rythme cardiaque est plus stable.

Les prématurés peuvent connaître des difficultés à émettre selles et gaz. Dans certains centres, des infirmières sont formées pour pratiquer les massages-bébé. Demandez leur de vous apprendre à masser son petit ventre pour l'y aider.
Vous pouvez aussi contacter le cipap pour apprendre à masser votre bébé, en 5 séances.

Vers 32 semaines, les bébés dont l'état de santé est stable peuvent être, pendant le gavage, couchés sur le sein

Les "mamans-fontaine" auront préalablement recours au tire-lait, pour éviter à leur bébé d'avoir à faire face à un flux d'éjection trop rapide et abondant. Les laisser tétouiller, découvrir et chipoter le mamelon leur permet d'apprivoiser en douceur ces nouvelles sensations. Il s'agit ici de ne pas faire de la mise au sein effective un moment de stress négatif pour le bébé et sa maman. A ce sujet, il faut savoir que les bébés prématurés qui ont été intubés et ventilés voient l'apprentissage de la succion souvent retardé et plus difficile. Lors des premiers essais de nutrition orale, ils peuvent réellement paniquer et montrer des signes de dégoût. On suppose que c'est à mettre en relation avec les soins désagréables qu'ils ont vécus, comme l'aspiration par exemple. Cette découverte du sein, à leur rythme, est d'autant plus importante pour eux.



La relation entre les parents et les soignants, dans la période qui précède les premiers essais de mise au sein, est parfois plus tendue

Peu à peu, nous avons pris nos marques dans le centre néonatal, gagné de la confiance en nous. Nous projetons sur notre bébé le désir de s'alimenter au sein, et le simple fait qu'il y ait cette barrière inamovible de l'âge semble dénoter un manque de considération pour la personnalité unique de notre enfant. Dans ces moments-là, souvenons-nous que notre enfant a la maturité de son âge. Tenons compte aussi des problèmes de santé qu'il a connus. Soyons patientes, et laissons-lui le temps de grandir. Discutons ouvertement mais calmement de ce qui peut, à tort ou à raison, nous agacer. La période que nous vivons nous rend particulièrement vulnérables et sensibles aux paroles ou aux attitudes de ceux qui nous entourent. Nous sommes comme notre bébé: à fleur de peau.

Tout le monde connaît ces images de foetus suçant son pouce in utero, avalant du liquide amniotique. Le nouveau-né, pour se nourrir, doit parvenir à coordonner succion, déglutition et respiration, et il s'est entraîné longuement pour y parvenir. Pour le prématuré, essayer cet exercice avant environ 34 semaines d'âge gestationnel et un poids inférieur à environ 1,8 kg, entraîne un danger d'inhalation du lait.
Lorsqu'enfin ce seuil est atteint, nous pouvons être déçues du manque d'enthousiasme de notre entant si le sein ne lui est pas familier ... Chaque centre néonatal a son propre mode de fonctionnement: certains pèsent bébé avant et après la tétée dès les premières mises au sein. Les monitorings peuvent être branchés ou non. Une pièce peut être réservée à l'allaitement, ou nous devons nous satisfaire d'un "entre deux couveuses". Cela influence notre stress, peut miner notre courage ou nous faire douter. Jusqu'à présent, bébé a été "forcé" à se nourrir. Laissons-le construire son autonomie à son rythme et avec plaisir. Qu'importe au départ s'il ne "prend pas ses quantités": l'important est qu'il touche, qu'il sente, qu'il "vive" le sein, et que ce soit pour lui et pour nous un rendez-vous d'intimité. La tasse, la seringue ou, s'il est trop fatigué, le gavage (pas de biberon !) sont encore là pour assurer son alimentation proprement dite.

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MessageSujet: Re: ALLAITER UN BEBE PREMATURE   Mar 19 Déc - 1:08

Petit truc: il paraît que les sens sont à leur apogée entre 17 et 19 heures, on peut essayer de bien profiter de ce moment-là. Et pourtant, il peut arriver que notre bébé ne supporte pas une addition de stimulations. Cela se traduit, en général, par un changement de couleur de peau (marbrée, cyanosée, grise au lieu de rose, ...), une hyperextension d'un des bras, des mouvements rigides et saccadés, voire une désaturation. Si vous sentez votre bébé mal à l'aise, ou que vous observez ces réactions, testez ce qu'il peut gérer ou non. Certains enfants ne supportent pas qu'on les regarde, ou qu'on les caresse, ou encore qu'on leur parle pendant qu'ils s'alimentent ...

Vers l'autonomie: l'arrêt du gavage

La quantité de lait ingérée ne doit pas être estimée sur une prise mais sur 24 heures. De même, ne nous angoissons pas si notre enfant ne prend plus de poids ou même s'il en perd un peu au début de l'alimentation orale. Ce n'est pas notre lait et ses qualités qui sont en cause, mais la dépense énergétique de bébé qui augmente, ainsi que l'arrêt à cette période de la supplémentation protido-calorique.

A ajouter au cortège des idées reçues: être nourri au sein ne fatigue pas plus que le biberon. Au contraire. Certaines études montrent que les prématurés désaturent moins lorsqu'ils bénéficient de ce mode d'alimentation.

Vers deux mois, bébé paraît moins éveillé, semble moins avoir le désir de communiquer (pour un bébé né à 26 semaines, nous sommes juste à la mise en route de l'allaitement maternel). Pas de panique, pitchoun(ette) fourbit ses armes : on entame une période d'inhibition où il ou elle rentre dans sa coquille, histoire de nous revenir tout prêt à gérer de nouvelles stimulations… et le retour à la maison!

Ce stade, nous y pensons depuis la naissance. Nous lui conférons parfois un caractère magique. Nous pensons pouvoir enfin vivre ce qui nous a été interdit. Attention aux mirages et aux désillusions... Notre bébé s'est construit en majeure partie loin de nous, au rythme du centre néonatal et nous n'allons pas accueillir un nouveau-né. Ne cherchons pas à rattraper le temps perdu, mais profitons pleinement du présent : nous l'avons tous mérité.

Il arrive que notre petit(e) refuse les contacts corporels peau à peau, pleure beaucoup, semble "faire semblant de dormir" lors des mises au sein. Soyons à l'écoute de ce qu'il nous dit, respectons-le, ménageons son repos. Il se détendra peu à peu.
Néanmoins, il est bon de savoir que souvent, l'immaturité du bébé rend les stimulations multiples difficiles à gérer pour lui. Par exemple, il peut être surstimulé par de plusieurs facteurs compris dans un espace -temps court : le sortir de la couveuse + installation en peau-à-peau + lumières + caresses + parole et vous le dire en désaturant, en changeant de couleur de peau ou en bradycardant.
Il est important d'observer ses réactions, de lui laisser du temps pour vous montrer ses limites, entre chaque stimulation supplémentaire.

Nous voici au bout de la première grande étape de l'histoire de notre bébé. Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis sa naissance. Si la fatigue accumulée, le stress ou la reprise du travail ne nous permettent plus d'allaiter, soyons fières de ce que nous avons réussi : ce n'était pas facile.

Quelques conseils pour les mamans qui tirent leur lait



Ils sont issus de centres néonataux, de témoignages de mamans de prématurés, d'articles divers. Je vous les dresse sous forme de liste, ce qui leur confère un caractère directif dont, je l'espère, vous ne vous formaliserez pas.

Soyez extrêmement stricte en matière d'hygiène, désinfectez votre matériel et séchez-le bien (à l'aide d'un linge propre et sec, de préférence à usage unique). Lavez-vous les mains avant l'utilisation et limitez le plus possible les sources de développement de germes.
Mettez rapidement votre lait au réfrigérateur et veillez à maintenir la chaîne du froid s'il y a un transport vers le centre néonatal.
Essayez de vous procurer un tire-lait qui vous permette de tirer le lait simultanément aux deux seins. Le lait vient alors plus rapidement, et plus abondamment.
Tirez votre lait toutes les 3 heures, toutes les 4 heures grand maximum. Plus vous tirez votre lait fréquemment, plus vous stimulez votre production: cependant, ménagez-vous un laps de temps d'environ une heure à une heure et demie entre les extractions, du moins au début.
Essayez de vivre sans tabac ni alcool, et ne prenez pas de médicament sans avis médical. Si vous fumez, abstenez-vous-en au moins une heure avant de tirer votre lait ou d'allaiter (chez les prématurés, le fait de fumer augmente entre autre le risque d'entérocolite ulcéro-nécrosante, d'apnée, de MSN, etc.)
Veillez à avoir une alimentation saine et équilibrée.
Buvez à votre soif.
Votre repos est essentiel, essayez de bien dormir. Faites, si possible, une sieste (sommeil lent et profond, en relation avec la production de prolactine).
Autorisez-vous à vivre vos émotions, mais restez positive et ménagez-vous des moments de plaisir personnel sans culpabiliser.
Vos odeurs corporelles naturelles sont un repère pour votre bébé alors qu'un parfum ou un désinfectant très odorant peuvent le dérouter ou l'incommoder.
Choisissez une ou deux infirmières motivées par l'allaitement maternel et bien informées et demandez-leur de vous encourager et de vous aider. N'écoutez que ce qu'elles vous disent. Ne multipliez pas les sources d'information. Vous risquez de vous y perdre…
Renseignez-vous: certains hôpitaux accordent des avantages (par exemple le parking gratuit) aux mamans qui allaitent.
Bon courage à toutes.

Anne Bednarek


i Dans carrefour prémas nr 2 : témoignage d'une maman qui a allaité ses jumeaux





Autres références :

L'allaitement de l'enfant prématuré

http://users.skynet.be/couveuse/allaiter.htm

http://www.lllfrance.org


Extrait de la brochure de l'APEP sur l'allaitement du prématuré (click droit + enregistrer sous)
Pour commander la brochure complète : contactez l'APEP (voir doc biblio)

http://www.aventbaby.com/fr/index.html


Vous souhaitez d'autres renseignements : utilisez le formulaire de contact


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i POUR LES ACCOMPAGNANTS EN SANTE :

INSTITUT CO-NAITRE :

NB : Le Dr Coussement donnera une conférence sur l'allaitement du prématuré aux journées de la Prématurité

http://www.co-naitre.net/articles/adaptation_envol.pdf -> l'adaptation néonatale : une globalité d'accueil

http://www.co-naitre.net/articles/recettes_au_regard_MT.pdf -> Des recettes au regard : accompagner, soigner et non enseigner

http://www.co-naitre.net/articles/Devenir_pere_mere_MT.pdf -> devenir père, devenir mère sous le regard des soignants

http://www.co-naitre.net/articles/lait_maternel_CL.pdf -> le lait maternel : aspects pratiques





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Document de la Leche Legue http://www.lllfrance.org/pages/fond_doc.htm

Lorsqu'on demande à de futures mères si elles pensent allaiter leur bébé, certaines répondent " oui " sans aucune hésitation, d'autres ajoutent : "surtout s'il est petit". Pourtant, peu de prématurés sont réellement allaités en arrivant enfin à la maison, car la route est jalonnée de multiples obstacles qu'information et soutien pourraient aider à surmonter.


Le moment et le lieu de l'accouchement

On dit du bébé qu'il est prématuré s'il naît à moins de 37 semaines d'âge gestationnel. La situation sera bien différente si la mère accouche à 36 semaines d'un nouveau-né de 2400 g en bonne santé qui reste auprès d'elle, ou si le bébé, né à 28 semaines, est hospitalisé à plusieurs kilomètres.

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MessageSujet: Re: ALLAITER UN BEBE PREMATURE   Mar 19 Déc - 1:08

Les sentiments des parents

Ils varient selon les circonstances et sont d'autant plus intenses que le bébé est petit. Parfois, la mère est terriblement choquée de sa grossesse écourtée, de ce bébé si petit, si différent du bébé rêvé que son imaginaire avait construit. Se rendre compte que la grossesse est terminée est parfois difficile, surtout si la mère était endormie au moment de la naissance et que le bébé a été éloigné. Une phase de sidération, de désorientation (pendant laquelle la mère se repère difficilement dans le temps) est possible. D'autres sentiments et sensations assaillent les parents : peur, inquiétude, anxiété, colère, déni, découragement, culpabilité, tristesse... Les deux parents peuvent vivre les événements de façon différente. Et même si leurs sentiments sont semblables, ils sont souvent vécus à contretemps par l'un et l'autre, d'où une difficulté de parler et de communiquer.
Au milieu de cette période si tourmentée et difficile, l'allaitement maternel peut tout à coup paraître bien peu important à certaines mères. Elles ont, plus ou moins consciemment, si peur de s'attacher à ce bébé qui pourrait mourir, la situation est émotionnellement si douloureuse, qu'elles craignent d'être vulnérabilisées par ce don d'elles-mêmes à leur bébé. D'autres mères sont impressionnées par l'aspect technologique de la situation et se sentent démunies, inutiles. Elles ont l'impression que les professionnels entourant leur bébé, occupés à régler les machines, vérifier les examens sanguins, ajuster le contenu des perfusions, sont seuls capables de faire quelque chose à ce moment-là.
A l'inverse, nombreuses sont les mères qui avaient ou non prévu d'allaiter et qui, en donnant leur lait puis en allaitant, se sont senties plus proches de ce petit enfant.


Les avantages du lait maternel pour le prématuré

Sait-on assez que le lait maternel présente de nombreux avantages pour l'enfant né avant terme ?
o le lait maternel est plus facile à digérer et mieux toléré, car les protéines du lait humain sont complètement fractionnées et absorbées par le système digestif du bébé, contrairement aux protéines des préparations spécialisées ;
o le lait maternel contient une enzyme, la lipase, qui facilite la digestion des graisses, importante source d'énergie pour un enfant prématuré qui doit grandir et grossir. Il contient des graisses complexes qui entrent dans la composition des membranes des cellules du cerveau et qui contribuent à une meilleure vision chez le prématuré ;
o le lait maternel contient des moyens de défense contre les infections. Le système immunitaire du prématuré est immature et les anticorps et substances contenus dans le lait lui apportent une protection contre des infections bactériennes potentiellement graves ;
o des recherches récentes montrent que le lait humain contient de nombreuses hormones et enzymes dont des facteurs de croissance. Les chercheurs suggèrent que ces éléments sont importants pour la maturation des systèmes digestif et nerveux du bébé. Par ailleurs, certains travaux laissent à penser que le développement du système immunitaire lui-même serait favorisé par l'allaitement maternel ;
o le lait maternel contribue à une plus grande intelligence et à l'amélioration du développement moteur plus tard dans la vie. Dans l'étude de Lucas (1992), les prématurés qui avaient reçu du lait maternel avaient, à l'âge de 7 1/2 - 8 ans, un quotient intellectuel supérieur de 8,3 points par rapport à ceux qui n'avaient pas reçu de lait maternel.


Le lien mère-enfant-père

Julie nous dit : " Il y a six ans, j'ai accouché à 2 heures du matin de mon premier bébé, un beau mais petit garçon de 1600 g. Pas question de le garder à la maternité, il devait partir à l'autre bout de la ville, en service de néonatalogie.
Malgré ces débuts difficiles, j'ai pu l'allaiter presqu'un an. J'ai le sentiment d'avoir été beaucoup aidée par le contact corporel avec lui avant son transfert en ambulance. Pour moi, il a été très important de voir, et plus encore de toucher, caresser, avoir mon bébé sur moi, ne serait-ce que quelques minutes. "
Même si l'enfant est de petit poids, cela peut faire toute la différence pour l'établissement du lien mère-enfant et la mise en route de la lactation.
" Samuel a tété avant de partir. Il a quand même pu recevoir un peu de ce précieux colostrum, concentré d'anticorps, et ne pas s'en aller à jeun ! Ce contact corporel m'a permis de réaliser que nous avions vraiment un enfant, et m'a motivée à poursuivre l'allaitement. "
Même si l'enfant, trop petit, ne peut pas téter, il semble primordial, sauf en cas d'urgence vitale, de favoriser cet instant de contact peau à peau, temps d'une photo polaroïd par l'équipe médicale pour que chacun, mère, père et enfant, se " reconnaisse ".
Dans de rares centres, la mère et son bébé peuvent rester ensemble dans des chambres spécialement aménagées. Moins rarement, il existe une unité mère-enfant couplée avec un centre de néonatalogie. La mère est alors séparée de son bébé par quelques étages, ou hospitalisée dans un bâtiment différent du sien. Dans la maternité où a accouché Julie, une ambulance conduisait les mamans dont l'enfant était hospitalisé pour qu'elles passent l'après-midi à ses côtés. Julie a la certitude que ces visites précoces, quotidiennes, voire biquotidiennes, ont été très importantes pour Samuel et elle. Si la maternité n'a pas de système d'ambulance pour conduire les mères voir leur enfant, il est toujours possible de demander à l'obstétricien une permission de quelques heures pour se rendre en voiture particulière au centre des prématurés. En ayant prévenu à l'avance le personnel de cette visite, et en ayant demandé les heures des repas du bébé, la mère pourra éventuellement mettre son bébé au sein, sinon elle pourra lui parler, le caresser, lui faire un câlin ou mieux du peau à peau.
Bien souvent, le père l'aura devancée, surtout si la naissance s'est compliquée d'une césarienne ou si la mère a besoin de soins qui l'empêchent de se rendre au centre des prématurés. La plupart du temps toutefois, il est possible de trouver un arrangement car, à l'heure actuelle, la majorité des centres de prématurés ouvrent leurs portes aux parents pratiquement 24 heures sur 24, afin de minimiser les effets de la séparation. Cela est particulièrement utile quand le couple a d'autres enfants à la maison et que les parents doivent se relayer pour rendre visite à leur dernier-né.
Les parents seront informés des précautions d'hygiène à prendre pendant les visites (mains lavées, port d'une blouse spéciale). Au début, ces entrées dans les services perturbent un peu l'organisation habituelle mais, à long terme, elles ont des bénéfices inestimables. Et l'on est maintenant bien conscient qu'en général, ce ne sont pas les germes portés par les parents qui sont à redouter, mais les microbes hospitaliers.


Au-delà du lait, l'allaitement

L'allaitement rapproche la mère et l'enfant. Même si au début, le bébé le reçoit par une sonde de gavage, donner son lait peut permettre à la mère de se sentir comme " reliée " à lui. Une fois que le bébé peut être allaité, beaucoup de mères expliquent que ce " lien du lait " les a aidées à combler le temps de la séparation.


Le bébé de plus de 1500 g en bonne santé

C'est souvent un bébé né à plus de 30 à 32 semaines de gestation et il y a de fortes chances pour qu'il puisse prendre le sein efficacement, même si certains de ces bébés, parmi les plus petits, ont une succion faible.
Julie nous dit : " Ce qui m'a aussi beaucoup aidé, c'est d'avoir pu faire téter mon bébé alors qu'il était hospitalisé. Chaque jour je pouvais donner une tétée sur place. Ensuite, avec le tire-lait électrique que j'apportais (car le service n'en avait pas), j'arrivais à tirer suffisamment de lait pour assurer le repas suivant. "

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MessageSujet: Re: ALLAITER UN BEBE PREMATURE   Mar 19 Déc - 1:08

Tirer son lait : où, quand, comment ?

Certaines mères se sentent au départ vraiment mal à l'aise d'avoir à utiliser un tire-lait. Il leur faut faire un réel effort pour visualiser que ce lait qu'elles tirent est pour leur bébé. D'autres, qui restent à la maternité, disent quand elles sont loin de leur bébé : " C'est la seule chose que je puisse faire pour lui ".
Les seins se sont préparés pour l'allaitement dès les premiers jours de la grossesse et, quel que soit le terme, ils sont prêts à produire du lait dès la naissance du bébé. Si le bébé n'est pas capable de prendre le sein, la mère a besoin de tirer son lait pour stimuler la lactation. Si l'on se sent suffisamment bien, le plus tôt est le mieux. Ainsi, il peut très vite être donné au bébé.
Le moyen le plus efficace et le plus commode de tirer son lait sur une longue période, est le tire-lait électrique. De nouveaux modèles de tire-lait électriques existent sur le marché, mieux adaptés, plus efficaces, moins bruyants, qui permettent de tirer les deux seins en même temps, ce qui augmente le taux de prolactine (l'hormone responsable de la fabrication du lait) et diminue de moitié le temps passé à tirer le lait.
Dans l'idéal, la mère devrait tirer son lait toutes les deux ou trois heures. Une étude a montré que les mères avaient besoin de tirer un minimum de cinq fois par 24 heures, pour une durée totale de 100 mn, pour entretenir la lactation en l'absence de succion du bébé. Tirer fréquemment est plus efficace que tirer longtemps à intervalles espacés. Par ailleurs, tirer au moins 10 mn à chaque sein, permet d'obtenir un lait plus calorique car plus riche en graisses.
Au début, c'est du goutte à goutte et, en cas de tire-lait simple pompage, il ne faut pas hésiter à passer d'un sein à l'autre, et à tirer chaque sein deux ou trois fois. Faire un massage prolongé des seins auparavant, aidera le lait à couler. Ecouter de la musique relaxante, penser à son bébé, regarder une photo, une cassette vidéo prise à l'hôpital, sentir, toucher une petite chemise qui porte son odeur, permet d'augmenter la quantité recueillie.
Certaines mamans préféreront l'expression manuelle - qui demande un temps d'apprentissage - ou un tire-lait manuel. Quelle que soit la méthode employée, il est important de bien se laver les mains avant de tirer, et d'utiliser un récipient stérile. Le lait sera réfrigéré et rapidement porté au bébé, en prenant soin de ne pas rompre la chaîne du froid.
Rien ne vaut pour un prématuré le lait cru de sa propre mère, c'est à dire non chauffé pour être pasteurisé. En effet, ce procédé détruit une partie des cellules vivantes qui sont destinées à protéger le bébé. Si les tests sérologiques chez la mère ont été effectués depuis moins de trois mois (recherche HIV, hépatite B et C, HTLV pour les mères à risque), si les conditions d'hygiène sont respectées, si le lait a été recueilli depuis moins de douze heures, il peut être donné directement à l'enfant, sans contrôle bactériologique ni pasteurisation préalable (Circulaire DGS/SP2 n° 698 du 13.11.1996).
Le 1er choix pour un enfant hospitalisé devrait toujours être le lait de sa mère. Il ne devrait recevoir du lait de donneuses, pasteurisé, que si sa mère ne peut absolument pas fournir de lait maternel.
Julie considère qu'elle a eu de la chance car, dès 7 heures, le matin de la naissance de son bébé, on lui a apporté un tire-lait. Elle a pu ainsi avoir une production qui couvrait la totalité des besoins de son bébé (entre 60 et 160 mI par jour les premiers jours). Toutefois, pour certaines femmes, il y a des jours où le lait coule moins : parce que le bébé ne va pas bien, parce que le temps de séparation semble long... Dans ces moments-là, le soutien de quelqu'un qui " y croit " (mari, professionnel de santé, animatrice LLL) aidera à passer cette phase de découragement.
De nombreux prématurés grossissent et grandissent très bien simplement avec le lait de leur propre mère. Des examens sanguins et urinaires de routine diront si le bébé a besoin d'un supplément de vitamines, de sels minéraux, de protéines. Ceci est particulièrement valable pour des enfants pesant moins de 1500 g.


Donner le lait : comment ?

Certains enfants, après avoir bu au biberon, ne savent plus comment prendre le sein. Ils développent une confusion entre le sein et la tétine qui peut compromettre l'allaitement. C'est pourquoi, dans certains centres, quand la mère désire allaiter, le personnel continue soit de nourrir l'enfant par sonde pendant la période d'apprentissage de l'allaitement soit, après la tétée au sein, de donner aux bébés un complément alimentaire à la tasse ou à la seringue à médicament.
Si la mère est sur place, il est possible de donner le complément pendant la tétée même, grâce au Dispositif Auxiliaire de Lactation (DAL) : un flacon en plastique spécial contenant le lait tiré (ou un complément si la mère n'a pu tirer assez de lait) est suspendu au cou de la mère. Les deux fins tuyaux qui en sortent ont leurs extrémités fixées sur les mamelons avec du ruban adhésif. L'enfant tète en même temps le sein et le tuyau. Le risque de confusion sein-tétine est évité et le bébé stimule la sécrétion lactée de sa mère tout en recevant son lait au sein et le complément contenu dans le flacon.


Les prématurés de 1500 g ou moins

Au sujet de ces bébés, qui sont souvent nés à moins de 35 semaines de gestation, beaucoup de mythes perdurent et empêchent l'allaitement. Des études de plus en plus nombreuses viennent bousculer les vieilles notions. Elles ont montré que :
o l'allaitement est moins stressant pour le prématuré que la prise du biberon. Des bébés prématurés pesant environ 1300 g ont été observés individuellement lors de leurs tétées au biberon et au sein. Ainsi, chaque bébé devenait son propre contrôle. Les signes de stress physique étaient mesurés en vérifiant la température du corps et la pression d'oxygène transcutanée. La température du corps des bébés augmentait légèrement pendant l'allaitement, ce qui évitait qu'ils ne se refroidissent, et la pression transcutanée d'oxygène restait à des niveaux élevés. En revanche, pendant la prise du biberon, la température et la pression d'oxygène baissaient ;
o les bébés ont une meilleure maîtrise de la succion/déglutition au sein qu'au biberon. Les études confirment maintenant que certains bébés de 1200 g ont la possibilité de téter le sein efficacement dès 32 semaines de gestation, bien avant d'être capables de supporter les tétines des biberons qui génèrent chez eux hypoxie (baisse de l'oxygène) et bradycardie (ralentissement du cœur) ;
o la quantité de lait bue pendant les tétées peut être déterminée avec précision si l'on se sert d'une balance électronique.


Les premières tétées

L'allaitement d'un prématuré commence par de longs moments de peau à peau et progressivement l'enfant va s'intéresser au sein.
Déjà, pendant la phase où le bébé est nourri avec une sonde de gavage, il est possible de le mettre au sein, quitte à avoir tiré le plus possible juste avant, afin d'éviter une fausse route. Des travaux ont en effet montré que la tétée pendant le gavage augmente l'amplitude gastrique et la prise de poids.
De même que tirer son lait au jour le jour, pour démarrer et entretenir sa lactation, n'est pas toujours facile et demande soutien et encouragement, de même les premières tétées sont un temps d'apprentissage pour la mère et le bébé. Bien connaître le B A Ba de l'allaitement facilite cette mise en route (positions les plus favorables pour que le petit prématuré prenne bien le sein - " ballon de rugby ", par exemple - réflexe d'éjection du lait, composition plus calorique du lait en fin de tétée, etc.). Les mamans de prématurés sont accueillies avec beaucoup de chaleur dans les groupes de soutien à l'allaitement.
Les premières tétées demandent du temps et de la patience. De l'intimité, l'aide d'une personne expérimentée et une attente réaliste de ce que peut faire le bébé, aideront tout le monde à être plus détendu. Le bébé doit apprendre à ouvrir grand la bouche comme s'il baillait, avec la langue en bas et à plat. Il faut souvent l'aider ou lui tenir la tête.

Certains petits prématurés ont besoin de beaucoup de temps pour téter correctement au sein. Les tétées sont entrecoupées de nombreuses pauses. Il est préférable de ne pas limiter arbitrairement leur durée, mais plutôt d'observer chaque bébé individuellement. La maman arrivera vite à reconnaître les signes de fatigue ou de stress.
Dès que le bébé tète un peu mieux, la mère peut être tentée d'abandonner le tire-lait. Il est toutefois prudent de vérifier que le bébé tète suffisamment efficacement au cours des 24h pour pouvoir se nourrir entièrement au sein.


La sortie de la maternité

Tout en étant heureux, les parents peuvent appréhender ce moment. S'occuper de plus en plus de son bébé augmentera la confiance en elle de la mère. Apprendre à reconnaître les signes montrant qu'il a bien tété, l'aidera à être plus rassurée à la maison. Encore plus qu'avec un autre bébé, il sera bon qu'elle reçoive de l'aide pour le ménage, la cuisine, les soins aux autres enfants. Elle devrait pouvoir se consacrer à son bébé pendant quelques semaines, et veiller à bien manger et dormir pendant le sommeil de son bébé.
Bien que certains prématurés aient besoin souvent et pendant longtemps d'encouragement pour se nourrir au sein, de nombreuses mères trouvent quelles sont capables de bien allaiter rapidement après le retour du bébé à la maison. S'il n'est pas entièrement allaité ou si sa succion est faible, la mère continuera à tirer son lait.
Cela peut durer quelques semaines. Cependant, la mère doit garder à l'esprit que c'est temporaire et que plus les bébés, prématurés ou non, tètent souvent et efficacement, plus leur mère aura du lait.

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