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 La pédophilie : une définition

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Baxter
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MessageSujet: La pédophilie : une définition   Mar 10 Oct - 15:07

La pédophilie : une définition


La pédophilie est d'abord considérée comme une paraphilie, c'est-à-dire un comportement sexuel déviant qui s'écarte d'une norme culturelle intuitive.

La classification psychiatrique américaine, le DSM4, propose les trois critères diagnostiques suivants (Levine, 2000) :

• Une période d'au moins six mois de fantaisies sexuelles actives, de pulsions sexuelles ou d'activités sexuelles orientées vers des enfants prépubères âgés généralement de treize ans ou moins.

• Un état de souffrance ou de dysfonctionnement social associé à cette orientation sexuelle.

• Un âge minimal de 16 ans et un écart minimal de 5 ans entre le pédophile et l'enfant.

La plupart des études disponibles portent sur des délinquants sexuels, ce qui dénature peut-être notre perception de la réalité pédophile. Nous n'aborderons pas les multiples typologies cliniques mais signalerons simplement la diversité de l'adaptation sociale et relationnelle des pédophiles.

Comme dans la plupart des paraphilies, on distingue d'abord l'individu solitaire, isolé socialement, plus ou moins capable d'entretenir une forme d'intimité et dont la vie sexuelle se limite à la masturbation associée à des stimulants visuels fournis par des magazines, des vidéos, des images d'Internet ou encore par un matériel de lecture.

A un degré supérieur d'implication interpersonnelle (si l'on peut dire), on rencontre des individus dont les seules relations sexuelles se feront avec des enfants violentés ou liés à des réseaux de prostitution infantile dans nos pays ou à l'étranger.

Un troisième cas de figure est représenté par des personnes bien insérées socialement, des hommes souvent mariés et pères de famille aux prises avec des fantaisies pédophiles qu'ils tentent de garder secrètes. Ces hommes parviendront plus ou moins à les réprimer selon l'intensité de leurs pulsions, leur capacité de contrôle comportemental et leur impulsivité. Leurs valeurs morales et l'appréciation qu'ils font de la tolérance sociale de l'époque et du milieu environnant sont également des facteurs déterminants.


Le crime pédophile

Comme le souligne Jean-Claude Guillebaud (1998), le rôle déclencheur des faits divers est une constante de l'histoire sociale. Si les années 60 et 70 furent celles de la tolérance ambiguë de la pédophilie, les années 80 et 90 furent celles de la prise de conscience et de l' « insurrection morale » contre les crimes qui lui sont associés. L'affaire Dutroux en Belgique ponctue une série de scandales antérieurs et paraît emblématique à un double titre : par l'atrocité des crimes commis et par l'ampleur de la réaction populaire, politique, judiciaire et médiatique. Le psychanalyste Serge André (1999) signale un paradoxe : Dutroux n'est probablement pas un pédophile et c'est à tort qu'on associerait les faits qui lui sont reprochés avec la pédophilie, c'est-à-dire avec l'amour électif des enfants prépubères- amour étant entendu dans son sens le plus large, du registre platonique jusqu'à l'acte sexuel le plus cru.

Le cas de Marc Dutroux serait beaucoup plus proche de celui de Gilles de Rais, ce psychopathe célèbre du XVème siècle qui aurait violenté, torturé et assassiné des dizaines d'enfants en s'inspirant, disait-il, de l'exemple de certains empereurs romains, que de ceux de pédophiles avérés qu'ont été, entre autres, et je cite toujours Serge André (1999), Lewis Carroll, André Gide, Henry de Montherlant, Roger Peyrefitte ou Roland Barthes.

Si le crime de Dutroux est représentatif d'une pulsion, c'est de la pulsion sadique dont une expression malheureusement fréquente est la maltraitance des enfants. L'indignation populaire, les mouvements de foule et le battage médiatique, loin de permettre une réelle « prise de conscience », ont accentué les effets d'amalgame et de confusion (entre pédophilie et sadisme par exemple).

Serge André souligne également l'aspect mercantile de ces crimes dits pédophiles qui en fait la singularité et la modernité. Les enfants séquestrés ne sont plus destinés à quelques clients riches mais à la fabrication de documents pornographiques et sadiques qui peuvent aller jusqu'aux « snuff movies » mettant en scène (de manière fictive ou pas) des enfants torturés jusqu'à la mort. Ces images auraient une valeur marchande infiniment supérieure à celle des enfants eux-mêmes. Il y a là une réalité, une logique économique qui fait de l'image de pornographie juvénile l'objet d'un marché lucratif et du pédophile lui-même un client, un consommateur que des « entrepreneurs », pas forcément pédophiles eux-mêmes, cherchent à solliciter.

Marc-Alain Wolf, M.D.

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